24 nov. 2009
Au milieu de la nuit, je fus réveillé par les ronflements d'une femme. Je lui donnai des coups, de plus en plus violents, pour qu'elle cesse son vacarme infernal. Elle gromela des sortes d'insultes et se réveilla. Je lui demandai ce qu'elle faisait là dans mon lit. Elle trouva ma question complètement saugrenue et me la retourna. N'ayant pas de réponse à lui fournir, je me levai pour aller pisser. La nuit était splendide, étoilée, calme. A mon retour dans le lit, je vis une contravention posée sur l'oreiller: La date de validité de mon ticket venait de passer. Je quittai tristement, mais sans heurts, la chambre, l'appartement, l'immeuble et me retrouvai dehors, sans trop savoir ou reposer mon corps, vêtu seulement d'un slip et d'une paire de chaussons à moitié troués.
23 nov. 2009
J'ai récemment vu un reportage sur la chaîne Histoire "les français dans la grande guerre" et ce qui m'a le plus marqué, le plus ému, c'est la réadaptation impossible de ceux qui s'en sont sortis vivants mais pas indemnes.
A les voir trembler de tous leurs muscles, incapables de maîtriser leurs corps, incapables de dire quoi que ce soit, les yeux perdus dans une fixation abyssale de souffrances et de visions cauchemardesques, pris de spasmes violents, interminables, à les voir ainsi enfermés dans des établissements spécialisés comme on disait alors, pour le restant de leur vie, eux qui avaient eu la chance, le hasard, de survivre à l'impitoyable boucherie... eux que leurs supérieurs hiérarchiques avaient pris pour des dégonflés, des truqueurs...
A les voir trembler de tous leurs muscles, incapables de maîtriser leurs corps, incapables de dire quoi que ce soit, les yeux perdus dans une fixation abyssale de souffrances et de visions cauchemardesques, pris de spasmes violents, interminables, à les voir ainsi enfermés dans des établissements spécialisés comme on disait alors, pour le restant de leur vie, eux qui avaient eu la chance, le hasard, de survivre à l'impitoyable boucherie... eux que leurs supérieurs hiérarchiques avaient pris pour des dégonflés, des truqueurs...
Libellés :
Vu à la TV

quand vient l'heure de la promenade
il n'y a pas de promenade ici
quand vient l'heure du repas
un seul repas par jour ici
quand vient l'heure des visites
quand vient l'heure des visites
personne ne sait que vous êtes ici
quand viendra le jour de sortir
il sera trop tard ...dans sa cellule quatre murs froids un lit trop dur une table une chaise le règlement rien pour se pendre
une toute petite fenêtre
il tourne en rond en large et en travers parle tout seul donne un coup de pied dans le crachoirou est passée la lune?
.
à travers le judas le médecin l'observe
il prend des notes régulièrement
apprivoiser l'espace
le corps
la rue la place les trottoirs
les transports en commun
l'entrée des bâtiments publics
la queue dans les magasins bondés
la vendeuse le vendeur
la foule
les regards
insérer chaque détail
dans un tout
inorganique
pour
avancer
sans parano
voilà un truc que je ne
sais pas faire
le corps
la rue la place les trottoirs
les transports en commun
l'entrée des bâtiments publics
la queue dans les magasins bondés
la vendeuse le vendeur
la foule
les regards
insérer chaque détail
dans un tout
inorganique
pour
avancer
sans parano
voilà un truc que je ne
sais pas faire
Tout ce qu'il demande (de Thomas Vinau)
Il n’a ni conviction
Ni foi
Sa vie est aussi banale
Que celle de tous les autres
Il n’a pas parcouru la planète
Il ne s’est pas battu
Il n’a pas cherché d’or
Et il se fout autant de devenir riche
Que de changer le monde
Il ne veut pas grand-chose
Tout ce qu’il demande
Est minuscule
La faire rire malgré la fatigue
Voir ces chameaux incongrus au bord de la nationale
Ecouter Bob Marley dans sa voiture
Faire un feu le soir en rentrant
Voir la lumière entrer par la vitre de la cuisine
Lire en fumant
Ou surprendre les crocus qui percent la terre gelée
Tout ce qu’il demande
Est minuscule
Ça doit bien être possible
Non ?
Ni foi
Sa vie est aussi banale
Que celle de tous les autres
Il n’a pas parcouru la planète
Il ne s’est pas battu
Il n’a pas cherché d’or
Et il se fout autant de devenir riche
Que de changer le monde
Il ne veut pas grand-chose
Tout ce qu’il demande
Est minuscule
La faire rire malgré la fatigue
Voir ces chameaux incongrus au bord de la nationale
Ecouter Bob Marley dans sa voiture
Faire un feu le soir en rentrant
Voir la lumière entrer par la vitre de la cuisine
Lire en fumant
Ou surprendre les crocus qui percent la terre gelée
Tout ce qu’il demande
Est minuscule
Ça doit bien être possible
Non ?
Libellés :
Hommage à
Son petit musée
Reprise du travail ajournée
Je ne me suis pas présenté
ce matin
devant la grille
de l'entrepôt
ZI Route de M. Chemin A34
et je n'ai pas prévenu
et j'aurais dû prévenir
et je suis en tort ok
et je n'en avais pas envie
parce qu'il y a mieux
parce que j'ai l'intime
conviction le lubrifiant
espoir le supervivant
phantasme
de
tirer les bons
numéros
qui nous sortiraient
d'affaire
une bonne fois pour
toutes.
Martha qu'elle s'appelait
ce n'est pas la chanson de
Tom Waits
c'est elle qui lui tenait
compagnie
sur le banc
entre deux bouteilles
entre les pigeons
le long des murs
les boutiques les lumières
sa silhouette
penche vers le sol
humide
parfois titube et tousse
il va comme tous les
autres
d'un point vers un
autre jusqu'à ce qu'il
n'en puisse plus
il en croise des silhouettes
sans visage
sans ombre
sans écho
il a envie d'un bon bain
chaud
l'eau le savon la friction
le repos mais la tendresse
qu'en ferait-il
agressif, agressé
il se cherche un abri
d'un carton
d'un hall et pisser n'importe
ou
ça fait mal
la nuit interminable
c'est pour bientôt
ce n'est pas la chanson de
Tom Waits
c'est elle qui lui tenait
compagnie
sur le banc
entre deux bouteilles
entre les pigeons
le long des murs
les boutiques les lumières
sa silhouette
penche vers le sol
humide
parfois titube et tousse
il va comme tous les
autres
d'un point vers un
autre jusqu'à ce qu'il
n'en puisse plus
il en croise des silhouettes
sans visage
sans ombre
sans écho
il a envie d'un bon bain
chaud
l'eau le savon la friction
le repos mais la tendresse
qu'en ferait-il
agressif, agressé
il se cherche un abri
d'un carton
d'un hall et pisser n'importe
ou
ça fait mal
la nuit interminable
c'est pour bientôt
22 nov. 2009
ca fait des heures
et des heures
que vous marchez
et vous savez
le saviez-vous?
qu'il vous reste
des heures et
des heures
à marcher
un fil distendu
perdue
dans ses pensées
elle demande sa route
et là ou elle se trouve
elle demande sa route
et là ou elle se trouve
il
n'en est plus que
des mauvaises
des mauvaises
le manque de...
la fragilité
peut n'être qu'apparence
il est rare
de nous voir
tomber
comme des mouches
sans rien dire
sans nous défendre
sauf à être
déjà
au bout du
rouleau
le vent bat la
pluie sur les vitres
il y a des grincements
bizarres dans la pièce
des bruits
venus d'on ne sait ou
il est presque
certain
que nous ne sommes
pas seuls
ici
pluie sur les vitres
il y a des grincements
bizarres dans la pièce
des bruits
venus d'on ne sait ou
il est presque
certain
que nous ne sommes
pas seuls
ici
ça suit son cours
ça suit l'indice
la logique l'évolution
ça suit la ligne blanche continue
ça suit de près
ça suit quelqu'un
ou quelqu'un d'autre
ça suit son chemin
et seulement après
ça va se coucher
avec un gros
ras-le-bol
avec une
putain de migraine
sans se laver les
pieds
ça suit l'indice
la logique l'évolution
ça suit la ligne blanche continue
ça suit de près
ça suit quelqu'un
ou quelqu'un d'autre
ça suit son chemin
et seulement après
ça va se coucher
avec un gros
ras-le-bol
avec une
putain de migraine
sans se laver les
pieds
emporté par la foule
le chien traversa
le pays d'Est en Ouest
sans pouvoir s'établir
nulle part
toujours emporté
par la foule
il se retrouva au bord de
la falaise
et lorsque tous plongèrent
dans l'océan
venus d'Est en Ouest
il ne put résister à l'envie
d'aboyer une dernière
fois
comme ça
pour rien
le chien traversa
le pays d'Est en Ouest
sans pouvoir s'établir
nulle part
toujours emporté
par la foule
il se retrouva au bord de
la falaise
et lorsque tous plongèrent
dans l'océan
venus d'Est en Ouest
il ne put résister à l'envie
d'aboyer une dernière
fois
comme ça
pour rien
allongé à côté d'elle dans le lit
depuis quelques minutes
il se penche
essuie
caresse son visage
trempé de sueur
et de fièvre
l'embrasse
lui glisse un petit mot
à l'oreille
...
De la monotonie des jours
nous n'avons pas tiré
grand-chose tant qu'elle semblait
devoir vaincre
à jamais
le solde de nos
appréhensions et nous éteindre
à nous-mêmes et nous éteindre...
Ce n'est plus le cas
je pense
depuis quelques minutes
il se penche
essuie
caresse son visage
trempé de sueur
et de fièvre
l'embrasse
lui glisse un petit mot
à l'oreille
...
De la monotonie des jours
nous n'avons pas tiré
grand-chose tant qu'elle semblait
devoir vaincre
à jamais
le solde de nos
appréhensions et nous éteindre
à nous-mêmes et nous éteindre...
Ce n'est plus le cas
je pense
20 nov. 2009
nous sommes
sans doute à un
tournant de notre vie
et bien qu'il ne soit
nulle part indiqué ralentir
il ne s'agirait pas
de déraper
sur les obstacles
qui s'y trouvent
sans doute à un
tournant de notre vie
et bien qu'il ne soit
nulle part indiqué ralentir
il ne s'agirait pas
de déraper
sur les obstacles
qui s'y trouvent
dans la malle à
souvenirs
j'ai conservé
une boîte en
métal cadenassée
j'en avais jeté la petite clé
dans une anfractuosité du
chemin
de campagne et la poussière
la pluie les roues des vélos
des voitures
ont dû l'enterrer avec
tant d'autres choses
souvenirs
j'ai conservé
une boîte en
métal cadenassée
j'en avais jeté la petite clé
dans une anfractuosité du
chemin
de campagne et la poussière
la pluie les roues des vélos
des voitures
ont dû l'enterrer avec
tant d'autres choses
19 nov. 2009
Elle & lui & moi autour d'un feu de bois
il habite là depuis trente ans
c'est ce qu'il me dit
autour du feu de bois
qui crépite d'étincelles
il habite là
parce qu'il s'y sent bien
sa femme nous rejoint
en chemise de nuit froissée
transparente lointaine
et fatiguée
elle se sert une brochette d'agneau
une bonne rasade de vin rouge
la brochette est
un peu carbonisée elle souffle dessus
ses yeux fixes brillent est-ce la vie
est-ce tout autre chose
il s'y sent bien il y a des lacs
des étangs des rivières plein de poiscaille
tout autour
c'est l'idéal pour aller pêcher
on ira demain matin si tu veux
il ajoute qu'on y partira de bonne heure
avant le lever du soleil sur
un petit bateau qu'il a construit
lui-même en 1985 ça le fait sourire
je dis ok et je souris aussi par politesse
alors comme ça tu écris des textes
qu'il me demande
je fais oui de la tête j'essaie
en tout cas
il répond qu'il n'a plus envie
d'écrire depuis longtemps
qu'il préfère pêcher
maintenant m'adresse un clin d'oeil
appuyé que je ne saisis pas bien
je regarde sa femme
un peu gêné elle ne porte
rien sous sa chemise
de nuit ses ombres de seins
tombent jusqu'au sol
et ne dit rien depuis le
début elle me regarde à son tour
mâche la viande se sert
un autre gobelet de vin rouge
se lève s'éclipse vers le chalet
en bois referme la porte bruyamment
s'ensuit un long très long silence
hors les bruits de la nuit
ça fait trente ans que c'est
comme ça soupire t'il à me tirer
de ma torpeur
trente ans qu'elle n'a pas dit
un mot mais ça ne me dérange pas
je me sens bien ici t'as vu
comme c'est beau tout autour
la ville c'est loin très loin
on ira à la pêche demain matin
si tu veux de la truite tout ce que tu veux
je l'ai construit en 85
ce rafiot c'est du costaud
on partira de bonne heure tu
veux une autre brochette?
un autre verre? tu sais que
ma femme aime beaucoup lire
elle lit tout le temps la journée
le soir alors comme ça tu écris
des textes toi aussi ça va
lui plaire je pense et puis
moi je vous regarderai
mais t'inquiète pas hein
je me ferai tout petit
si ça te dérange pas
bien sûr j'ai l'habitude de
me fondre dans la nature ici
c'est ce qu'il me dit
autour du feu de bois
qui crépite d'étincelles
il habite là
parce qu'il s'y sent bien
sa femme nous rejoint
en chemise de nuit froissée
transparente lointaine
et fatiguée
elle se sert une brochette d'agneau
une bonne rasade de vin rouge
la brochette est
un peu carbonisée elle souffle dessus
ses yeux fixes brillent est-ce la vie
est-ce tout autre chose
il s'y sent bien il y a des lacs
des étangs des rivières plein de poiscaille
tout autour
c'est l'idéal pour aller pêcher
on ira demain matin si tu veux
il ajoute qu'on y partira de bonne heure
avant le lever du soleil sur
un petit bateau qu'il a construit
lui-même en 1985 ça le fait sourire
je dis ok et je souris aussi par politesse
alors comme ça tu écris des textes
qu'il me demande
je fais oui de la tête j'essaie
en tout cas
il répond qu'il n'a plus envie
d'écrire depuis longtemps
qu'il préfère pêcher
maintenant m'adresse un clin d'oeil
appuyé que je ne saisis pas bien
je regarde sa femme
un peu gêné elle ne porte
rien sous sa chemise
de nuit ses ombres de seins
tombent jusqu'au sol
et ne dit rien depuis le
début elle me regarde à son tour
mâche la viande se sert
un autre gobelet de vin rouge
se lève s'éclipse vers le chalet
en bois referme la porte bruyamment
s'ensuit un long très long silence
hors les bruits de la nuit
ça fait trente ans que c'est
comme ça soupire t'il à me tirer
de ma torpeur
trente ans qu'elle n'a pas dit
un mot mais ça ne me dérange pas
je me sens bien ici t'as vu
comme c'est beau tout autour
la ville c'est loin très loin
on ira à la pêche demain matin
si tu veux de la truite tout ce que tu veux
je l'ai construit en 85
ce rafiot c'est du costaud
on partira de bonne heure tu
veux une autre brochette?
un autre verre? tu sais que
ma femme aime beaucoup lire
elle lit tout le temps la journée
le soir alors comme ça tu écris
des textes toi aussi ça va
lui plaire je pense et puis
moi je vous regarderai
mais t'inquiète pas hein
je me ferai tout petit
si ça te dérange pas
bien sûr j'ai l'habitude de
me fondre dans la nature ici
Stephen Dixon (1936)

Prolifique auteur US de short-stories et de novels.
Parmi ces bouquins:
-Nouvelles du 14è
-Ordures
-Jamais trop tard
-Movie
-La vie est une blague
Libellés :
Writers
Je n'y connais pas grand-chose
en urologie
est-ce une raison suffisante
pour me retenir de pisser
quand j'en ai vraiment envie?
en urologie
est-ce une raison suffisante
pour me retenir de pisser
quand j'en ai vraiment envie?
Libellés :
est-une raison suffisante pour
Elaine et Vincent ont baisé
une partie de la fin d'après-midi
à l'étage
puis se sont endormis
une petite heure
dans cette minuscule chambre d'hôtel
qui pue le renfermé
la sueur
l'odeur du sexe
la leur et celle
des autres qui sont passés
avant tu peux ouvrir la fenêtre?
demande Elaine qui regarde
l'heure
remet vite fait
sa petite culotte rouge
son jean délavé
réajuste sa coiffure
fait tomber
la lampe de chevet
Vincent à poil se lève
traîne les pieds
je peux pas elle est coincée
sur le rebord de la fenêtre
un pigeon roucoule
apeuré
s'apprête à reprendre son
gras envol
d'un rebord à un
autre et c'est un
peu ce que semble signifier
Elaine à Vincent en l'éloignant
tout net
ses mains ses caresses
ses baisers son érection
sa jeunesse sans culpabilité
je vais rentrer chez moi maintenant
une partie de la fin d'après-midi
à l'étage
puis se sont endormis
une petite heure
dans cette minuscule chambre d'hôtel
qui pue le renfermé
la sueur
l'odeur du sexe
la leur et celle
des autres qui sont passés
avant tu peux ouvrir la fenêtre?
demande Elaine qui regarde
l'heure
remet vite fait
sa petite culotte rouge
son jean délavé
réajuste sa coiffure
fait tomber
la lampe de chevet
Vincent à poil se lève
traîne les pieds
je peux pas elle est coincée
sur le rebord de la fenêtre
un pigeon roucoule
apeuré
s'apprête à reprendre son
gras envol
d'un rebord à un
autre et c'est un
peu ce que semble signifier
Elaine à Vincent en l'éloignant
tout net
ses mains ses caresses
ses baisers son érection
sa jeunesse sans culpabilité
je vais rentrer chez moi maintenant
il a distribué un tract politique
dans la rue toute la journée
avec le sourire avec sa fougue
un truc sur le nouvel
asservissement
des salariés dans les
entreprises du 21è siècle
quand ses acolytes y ont mis
bien plus d'acharnement de hargne
mais ce sont des vieux de
la vieille
tandis que lui
c'est la première fois qu'il s'y colle
et quand il rentre le soir
la voix un peu cassée les pieds fourbus
il a le sentiment d'avoir fait
quelque chose d'important
quelque chose qui le sorte
un peu de son nombril
qui le concerne enfin
et ça va l'inciter
à terminer
de lire au plus vite
la technique du coup
d'état
de Malaparte le Kapital
de Marx & Engels
et d'autres bouquins
dans le même genre
parce que
si le sang
devait couler un jour
il aimerait
que ce soit
en toute connaissance
de cause
dans la rue toute la journée
avec le sourire avec sa fougue
un truc sur le nouvel
asservissement
des salariés dans les
entreprises du 21è siècle
quand ses acolytes y ont mis
bien plus d'acharnement de hargne
mais ce sont des vieux de
la vieille
tandis que lui
c'est la première fois qu'il s'y colle
et quand il rentre le soir
la voix un peu cassée les pieds fourbus
il a le sentiment d'avoir fait
quelque chose d'important
quelque chose qui le sorte
un peu de son nombril
qui le concerne enfin
et ça va l'inciter
à terminer
de lire au plus vite
la technique du coup
d'état
de Malaparte le Kapital
de Marx & Engels
et d'autres bouquins
dans le même genre
parce que
si le sang
devait couler un jour
il aimerait
que ce soit
en toute connaissance
de cause
Elise tient la main de son nouvel
ami ils ont l'air amoureux
je marche derrière j'écoute vaguement
Nico à mes côtés
me parler de la qualification
laborieuse imméritée presque
de l'équipe de France hein? j'acquiesce
huum huum Elise nous a présenté
son nouvel ami au bar
Le Ruisseau dans un quartier
friqué
ou nous avons bu des
bières des cafés
mangé un sandwich une salade
Elise n'a pas mangé grand-chose
c'est son habitude elle a tenté d'animer
la conversation pour éloigner la gêne
visible les sourires coincés du début
à la fin on peut pas dire qu'il y avait de
la tension non c'était une présence forcée
même Nico faisait son timide
on essayait de faire bonne impression
devant cet artiste cultivé et à l'aura
que nous n'avons pas
moi j'ai sorti des trucs plus
ou moins cons quand j'y repense
on se dirige vers le bowling tous les
quatre Nico crache par terre
des morceaux
de son tabac à rouler il continue
sur l'arbitrage l'argent dans le foot
il demande au nouvel ami
d'Elise s'il est d'accord avec lui
laisse-le tranquille avec ça je fais
Elise se
retourne avec ce beau sourire
à la fois
tendre et triste
je saurais pas
dire pourquoi mais c'est une
impression tenace
qu'avec son nouvel ami
ça le fera pas
et je sais que ça l'énerve
mes à-priori et
mon côté un peu paternaliste
elle se renfrogne me vanne gentiment
on rentre dans
le bowling blindé de monde
on verra bien semble t'elle
dire
ami ils ont l'air amoureux
je marche derrière j'écoute vaguement
Nico à mes côtés
me parler de la qualification
laborieuse imméritée presque
de l'équipe de France hein? j'acquiesce
huum huum Elise nous a présenté
son nouvel ami au bar
Le Ruisseau dans un quartier
friqué
ou nous avons bu des
bières des cafés
mangé un sandwich une salade
Elise n'a pas mangé grand-chose
c'est son habitude elle a tenté d'animer
la conversation pour éloigner la gêne
visible les sourires coincés du début
à la fin on peut pas dire qu'il y avait de
la tension non c'était une présence forcée
même Nico faisait son timide
on essayait de faire bonne impression
devant cet artiste cultivé et à l'aura
que nous n'avons pas
moi j'ai sorti des trucs plus
ou moins cons quand j'y repense
on se dirige vers le bowling tous les
quatre Nico crache par terre
des morceaux
de son tabac à rouler il continue
sur l'arbitrage l'argent dans le foot
il demande au nouvel ami
d'Elise s'il est d'accord avec lui
laisse-le tranquille avec ça je fais
Elise se
retourne avec ce beau sourire
à la fois
tendre et triste
je saurais pas
dire pourquoi mais c'est une
impression tenace
qu'avec son nouvel ami
ça le fera pas
et je sais que ça l'énerve
mes à-priori et
mon côté un peu paternaliste
elle se renfrogne me vanne gentiment
on rentre dans
le bowling blindé de monde
on verra bien semble t'elle
dire
18 nov. 2009
tu as raison
il y a toujours cette sorte de tendresse
un peu usée parfois
un peu décalée
mais jamais dérisoire
qui nous fait nous accrocher
l'un à l'autre
sans savoir qui de nous deux
est la racine qui est l'arbre
et ce n'est pas là ce qui compte
le plus
tant que nos
sales agonies
ne poussent pas
ensemble
il y a toujours cette sorte de tendresse
un peu usée parfois
un peu décalée
mais jamais dérisoire
qui nous fait nous accrocher
l'un à l'autre
sans savoir qui de nous deux
est la racine qui est l'arbre
et ce n'est pas là ce qui compte
le plus
tant que nos
sales agonies
ne poussent pas
ensemble
Expérience
Escaliers en colimaçon
il faut d'abord monter les nombreux étages à pied
avant d'atteindre le grenier
ensuite ouvrir la porte qui grince
donner un coup d'épaule
traverser emjamber des poutres
au fond sur une des planches
c'est du vieux bois mais c'est solide
une échelle droite comme un piquet
est dressée dans les courants d'air
d'un toit détruit par la tempête
Empoigner l'échelle qui ne tient que
par l'équilibre de votre corps de vos pas
l'empoigner fermement
grimper sans tourner vers le sol
le regard du vertige
tout en haut de l'échelle un fil
de fer légèrement en descente
tendu vers un nuage un cumulonimbus
s'agripper se laisser glisser à mains nues
se contorsionner un peu
poser un pied le reste du corps sur le nuage
se laisser dériver tout en faisant
le vide c'est pour le contrepoids
votre nuage agglutiné à d'autres se fait plus
sombre plus chargé laisser
passer l'orage les éclairs le tonnerre
observer la plus grosse goutte de l'averse
prête à évacuer les airs
s'accrocher à elle lui parler doucement
qu'elle tombe moins vite
beaucoup moins vite qu'elle vous lâche
à un mètre du sol
délicatement
une fois rentré chez vous
un peu partout
un peu nulle part
un lieu bien précis?
vous pourrez raconter
que vous avez été la pluie le vent
la douce lévitation la chute
et peu importe
que l'on vous croit ou non
il faut d'abord monter les nombreux étages à pied
avant d'atteindre le grenier
ensuite ouvrir la porte qui grince
donner un coup d'épaule
traverser emjamber des poutres
au fond sur une des planches
c'est du vieux bois mais c'est solide
une échelle droite comme un piquet
est dressée dans les courants d'air
d'un toit détruit par la tempête
Empoigner l'échelle qui ne tient que
par l'équilibre de votre corps de vos pas
l'empoigner fermement
grimper sans tourner vers le sol
le regard du vertige
tout en haut de l'échelle un fil
de fer légèrement en descente
tendu vers un nuage un cumulonimbus
s'agripper se laisser glisser à mains nues
se contorsionner un peu
poser un pied le reste du corps sur le nuage
se laisser dériver tout en faisant
le vide c'est pour le contrepoids
votre nuage agglutiné à d'autres se fait plus
sombre plus chargé laisser
passer l'orage les éclairs le tonnerre
observer la plus grosse goutte de l'averse
prête à évacuer les airs
s'accrocher à elle lui parler doucement
qu'elle tombe moins vite
beaucoup moins vite qu'elle vous lâche
à un mètre du sol
délicatement
une fois rentré chez vous
un peu partout
un peu nulle part
un lieu bien précis?
vous pourrez raconter
que vous avez été la pluie le vent
la douce lévitation la chute
et peu importe
que l'on vous croit ou non
en pleine nuit
je me lève pour voir
s'il reste quelque chose dans le frigo
et comme il n'y a rien
que des restes
j'en conclus vite
que le frigo
est un cercueil
et qu'il n'a pas sa place
ici
je me lève pour voir
s'il reste quelque chose dans le frigo
et comme il n'y a rien
que des restes
j'en conclus vite
que le frigo
est un cercueil
et qu'il n'a pas sa place
ici
une table à terre un verre de plus un bras d'honneur un pied de grue une gifle ratée un poing fermé une colère noire un coeur de pierre du sang de l 'encre un regard vide un chien battu une main tendue un pas de côté du vent du temps un chemin de traverse un mal de vivre à corps perdus la vie l'amour pour un bien fou
Hai-Malokus (6)
A l'étroit dans son costard-cravate
il décida le lendemain
de venir bosser cul nu
Libellés :
Clin d'oeil à Eric Dejaeger
Hai-Malokus (5)
L'homme cintre
resta longtemps coincé
les couilles sur un porte-manteau
resta longtemps coincé
les couilles sur un porte-manteau
Libellés :
Clin d'oeil à Eric Dejaeger
17 nov. 2009
il faudrait que tu te remettes en question
me disait-il
mais par ou commencer je ne sais pas
lui répondais-je
peut-être en ne terminant plus
tes phrases
par des affirmations ?
me disait-il
mais par ou commencer je ne sais pas
lui répondais-je
peut-être en ne terminant plus
tes phrases
par des affirmations ?
je
hume
le fort caractère
de mon petit verre à la main
en savoure
la couleur sombre
près de la clope
posée
sur un cendrier
improvisé
mon petit verre englouti
cul-sec
je
prends bien soin
de maîtriser
le geste
de recul
avant de m'en servir
un autre
évidemment
hume
le fort caractère
de mon petit verre à la main
en savoure
la couleur sombre
près de la clope
posée
sur un cendrier
improvisé
mon petit verre englouti
cul-sec
je
prends bien soin
de maîtriser
le geste
de recul
avant de m'en servir
un autre
évidemment
dans l'armoire je cherche
un livre que
j'aimerais
relire pour savoir s'il me fait toujours
la même
impression qu'autrefois
& je lui demande ou j'ai bien
pu fourrer ce livre
qui commence à prendre une place
phénoménale
angoissante
dans l'armoire
mais elle m'assure
qu'il n'y est pas
vu que je l'ai vendu
il y a longtemps
avec d'autres affaires
pour avoir de quoi
nous acheter de la
bouffe alors
tu t'en souviens pas
& donc que je ferais mieux
de me chercher un
nouveau boulot
& c'est pas dans l'armoire
qu'il s'y
trouvera
ah ça NON
certainement pas
un livre que
j'aimerais
relire pour savoir s'il me fait toujours
la même
impression qu'autrefois
& je lui demande ou j'ai bien
pu fourrer ce livre
qui commence à prendre une place
phénoménale
angoissante
dans l'armoire
mais elle m'assure
qu'il n'y est pas
vu que je l'ai vendu
il y a longtemps
avec d'autres affaires
pour avoir de quoi
nous acheter de la
bouffe alors
tu t'en souviens pas
& donc que je ferais mieux
de me chercher un
nouveau boulot
& c'est pas dans l'armoire
qu'il s'y
trouvera
ah ça NON
certainement pas
maintenant votre estomac
tambouille vomit tout
absolument tout
ce que vous ingurgitez
les infirmières qui passent
ne vous sourient même plus
se contentent de jeter un oeil
sur les statistiques
de changer les draps
vous sentez les murs
pencher de tous côtés
le lit craquer
s'ouvrir en plusieurs
cratères
pour que vous y tombiez
la tête la première
et
vous n'entendez déjà plus
la présence familière
à la place sont vos
cris de douleur
muets
échos lointains échos
vous rabattez la couverture
jusqu'à votre bouche sèche
d'une vie
dernier effort
pour un corps amaigri
sous assistance respiratoire
et
ca vous aura pris
moins d'une semaine
tambouille vomit tout
absolument tout
ce que vous ingurgitez
les infirmières qui passent
ne vous sourient même plus
se contentent de jeter un oeil
sur les statistiques
de changer les draps
vous sentez les murs
pencher de tous côtés
le lit craquer
s'ouvrir en plusieurs
cratères
pour que vous y tombiez
la tête la première
et
vous n'entendez déjà plus
la présence familière
à la place sont vos
cris de douleur
muets
échos lointains échos
vous rabattez la couverture
jusqu'à votre bouche sèche
d'une vie
dernier effort
pour un corps amaigri
sous assistance respiratoire
et
ca vous aura pris
moins d'une semaine
Glissant du haut du toit
l'oiseau fêtu de paille
agite ses ailes en tout sens
se pose tant bien que mal
sur une branche
trop légère
d'ou il aperçoit à peine
les tristes mines
encore voraces
qui déambulent
les pieds lourds
de leur vie
ratée
avant de s'effondrer
complètement
en n'espérant pas même
une peau
nouvelle
l'oiseau fêtu de paille
agite ses ailes en tout sens
se pose tant bien que mal
sur une branche
trop légère
d'ou il aperçoit à peine
les tristes mines
encore voraces
qui déambulent
les pieds lourds
de leur vie
ratée
avant de s'effondrer
complètement
en n'espérant pas même
une peau
nouvelle
Pousser la porte
et ne trouver personne
appeler quelqu'un
quand on pressent qu'il n'y a rien
chercher sur la table
un mot qui n'y est pas
s'asseoir par terre
sans trop savoir quoi faire
ressentir ressentir
ce corps sensible qui se défait qui se défend
se concentrer se souvenir
de nos derniers échanges
espérer peut-être
qu'il s'agit là d'un mauvais rêve.
et ne trouver personne
appeler quelqu'un
quand on pressent qu'il n'y a rien
chercher sur la table
un mot qui n'y est pas
s'asseoir par terre
sans trop savoir quoi faire
ressentir ressentir
ce corps sensible qui se défait qui se défend
se concentrer se souvenir
de nos derniers échanges
espérer peut-être
qu'il s'agit là d'un mauvais rêve.
Il y a un an... Ludo !
Il y a un an, ce fut un choc, un véritable choc que d'apprendre sa "disparition".
Bien sûr, la vie continue, bien sûr. Pour nous autres. Tant bien que mal, cahin, cahin caha.
L'écriture aussi.
N'empêche, Ludo, tu nous manques terriblement...
TELEPHONIQUES (Ludo K)
et ce soir
la fumée de cigarette
fait mouiller mes yeux
ou bien c'est ton souffle
qui traverse l'écouteur
ta voix
le vent vrai de ta voix
me chahute étrangement
au long de lignes tendues
sur des paroles simples
il y a comme
une révolte d'eau
dans l'anesthésie déserte
un rêve de bras peuplés
je crois
Lorsque...
Brusquement (Ludo K)
Lorsque j'irai
Brusquement
Là où tout finit
Je serai fier
De ne pas avoir tué
Vos âmes
Avec la mienne
Qui est une lame.
La porte de mes limites (Ludo K)
Pas de clé sans serrure
Il y a une porte que je traverse chaque nuit, la porte de mes limites.
Dans mon réduit de vie à la recherche de l’Être, j’achète quelques
mots, une lune à gratter. Surtout ne pas dormir. Avant de m'écrouler je
vole au soleil un de ses jeunes rayons et découvre six cratères
satellites. Si par bonheur trois d’entre eux s’illuminent, j’attrape mon
microscope le cœur saisi de sens. Alors je les observe comme des
diamants bruts puis referme la porte direction l’oreiller.
Désarmé (Ludo K)
J'écoute Noir Désir chanter des armes, j'entends Ferré pour le premier frisson et dans mon frigo bien au chaud attendent les boites metalliques de Desperados pour me refroidir, ouais me faire rendre les armes. Il me manque ma chimio, il me manque un peu de coeur, il me manque cet amour ni enterré ni à découvrir : il gît comme les canettes s'empilent dans des sacs et personne ne m'entend, moi-même je suis sourd. Là j'ai jetté les armes au fond du gouffre qui va m'amener au four de lla déraison. Bien cuite la baguette. Je n'oublie pas le béret. Où sont mes armes, ma manière d'écrire ce que j'ai dans le bide. Ca bouillonne ou plutôt ça mousse, voilà beaucoup de mousse pour rien. Un désert de mousse.Ving deux mois encendrés. J'ai investi ma laine de mouton pour me retrouver tondu. Tondu comme ces femmes en 45. J'ai baisé avec l'ennemi, à contre courant. Mes armes.
Savoir finir (Ludo K)
Quel est le con qui a inventé l'infini et l'autre encore plus con qui m'a fait naître ?
Les honnêtes hommes ne savent rien, c’est bien connu. Il suffit d’écouter les chansons pour pigeons sur les ondes, ouvrir les petits bouquins alignés comme des boites de calmants bio – rayon bien-être – on est fixé : pour être serein il faut douter - résumé. Le plus heureux des hommes depuis tout gosse, c'est moi. Je plains les accablés du « moi je sais ».Champion du bonheur à toute épreuve, une ombre plane toutefois sur mon cœur d'huile. Je triche. Je sais. L'issue, la porte et la sortie me guettent. Un secret très partagé que je protège comme si de rien, sait-on jamais...
Une chanson dans la foule (Ludo K)
Jamais voulu être un artiste, moi
Qui ne suis rien qu'un fétu de peurs
Un passager de l'intranquillité
Parmi la foule des amitiés
Des amours des fureurs de la vie
Je souhaiterais juste être une chanson
Un air UTILE pour asphyxiés
Un mouvement sur vos larmes
Etre un homme parmi les hommes ?
Non. Acceptez que je fredonne
Sur vos peines, joies et sourires
Ma ballade de personne.
On peut trouver, entre autre, pour Ludo ici: un très bel hommage sur francopolis
Bien sûr, la vie continue, bien sûr. Pour nous autres. Tant bien que mal, cahin, cahin caha.
L'écriture aussi.
N'empêche, Ludo, tu nous manques terriblement...
TELEPHONIQUES (Ludo K)
et ce soir
la fumée de cigarette
fait mouiller mes yeux
ou bien c'est ton souffle
qui traverse l'écouteur
ta voix
le vent vrai de ta voix
me chahute étrangement
au long de lignes tendues
sur des paroles simples
il y a comme
une révolte d'eau
dans l'anesthésie déserte
un rêve de bras peuplés
je crois
Lorsque...
Brusquement (Ludo K)
Lorsque j'irai
Brusquement
Là où tout finit
Je serai fier
De ne pas avoir tué
Vos âmes
Avec la mienne
Qui est une lame.
La porte de mes limites (Ludo K)
Pas de clé sans serrure
Il y a une porte que je traverse chaque nuit, la porte de mes limites.
Dans mon réduit de vie à la recherche de l’Être, j’achète quelques
mots, une lune à gratter. Surtout ne pas dormir. Avant de m'écrouler je
vole au soleil un de ses jeunes rayons et découvre six cratères
satellites. Si par bonheur trois d’entre eux s’illuminent, j’attrape mon
microscope le cœur saisi de sens. Alors je les observe comme des
diamants bruts puis referme la porte direction l’oreiller.
Désarmé (Ludo K)
J'écoute Noir Désir chanter des armes, j'entends Ferré pour le premier frisson et dans mon frigo bien au chaud attendent les boites metalliques de Desperados pour me refroidir, ouais me faire rendre les armes. Il me manque ma chimio, il me manque un peu de coeur, il me manque cet amour ni enterré ni à découvrir : il gît comme les canettes s'empilent dans des sacs et personne ne m'entend, moi-même je suis sourd. Là j'ai jetté les armes au fond du gouffre qui va m'amener au four de lla déraison. Bien cuite la baguette. Je n'oublie pas le béret. Où sont mes armes, ma manière d'écrire ce que j'ai dans le bide. Ca bouillonne ou plutôt ça mousse, voilà beaucoup de mousse pour rien. Un désert de mousse.Ving deux mois encendrés. J'ai investi ma laine de mouton pour me retrouver tondu. Tondu comme ces femmes en 45. J'ai baisé avec l'ennemi, à contre courant. Mes armes.
Savoir finir (Ludo K)
Quel est le con qui a inventé l'infini et l'autre encore plus con qui m'a fait naître ?
Les honnêtes hommes ne savent rien, c’est bien connu. Il suffit d’écouter les chansons pour pigeons sur les ondes, ouvrir les petits bouquins alignés comme des boites de calmants bio – rayon bien-être – on est fixé : pour être serein il faut douter - résumé. Le plus heureux des hommes depuis tout gosse, c'est moi. Je plains les accablés du « moi je sais ».Champion du bonheur à toute épreuve, une ombre plane toutefois sur mon cœur d'huile. Je triche. Je sais. L'issue, la porte et la sortie me guettent. Un secret très partagé que je protège comme si de rien, sait-on jamais...
Une chanson dans la foule (Ludo K)
Jamais voulu être un artiste, moi
Qui ne suis rien qu'un fétu de peurs
Un passager de l'intranquillité
Parmi la foule des amitiés
Des amours des fureurs de la vie
Je souhaiterais juste être une chanson
Un air UTILE pour asphyxiés
Un mouvement sur vos larmes
Etre un homme parmi les hommes ?
Non. Acceptez que je fredonne
Sur vos peines, joies et sourires
Ma ballade de personne.
On peut trouver, entre autre, pour Ludo ici: un très bel hommage sur francopolis
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