5 mai 2013

Anniversaire !

Tu viens d'avoir
trente-huit ans
aujourd'hui
tu observes dans la glace
les avancées
du temps
et tu en conclus
qu'il n'est vraiment pas nécessaire
de souffler toutes ces bougies
comme si c'était jour
de fête

Couches superposées

Une pensée
en amenant une autre
sans forcément un lien
entre elles
il m'est parfois très difficile
de savoir
si elles ne sont pas
seulement
les couches superposées
d'un vieux mur
peint
&
repeint
à plusieurs époques
différentes.

3 mai 2013

La métamorphose des cloportes (FXF)


La métamorphose des cloportes

Le miracle en poésie
c’est qu’un type
affreusement dégueulasse
peut s’avérer être
un excellent poète
et qu’un type
absolument formidable
peut au contraire
se révéler être
un très mauvais poète
Je pense me situer
entre les deux.

© François-Xavier Farine - 24/04/2013.

Pschiit !



La prédisposition au
Bonheur
Ce doit être un truc
Dont on parle
Sans l'avoir jamais vu
Et ça fait pschiit !

Sans haine, ni arme, ni violence ni rien de tout ça


A trop écouter les
faits divers
à la télé

voilà que
le fantasme naît

y'en a toujours un qui
finit par retenir notre attention
plus que les autres

fourgon blindé / attaque d'un distributeur...

des fois on en parle
en se disant qu'on pourrait
faire la même chose
on plaisante bien sûr

et puis des fois
on y pense plus sérieusement

parce que pour se sortir
de la merde
y'a pas trente-six solutions
elle doit être radicale

sauf

qu'on se heurte
à de gros problèmes
logistiques
ça ok

&

surtout
de conscience

sous ce mot
peut-être
la lâcheté
va savoir

ou bien

le besoin qu'on en a
n'est-il pas encore
si désespéré qu'on croit

en attendant d' y voir plus clair
velléitaire
de toujours

je relis Curzio Malaparte
quelques pages
de sa "Technique du coup d'état"

ça peut servir
un jour ou l'autre
sait-on jamais...






ordinateur chronophage

quelques mots
à l'emporte-pièce
mémoire, que faire, sortir, plus tard, chercher,
soleil, grilles, toujours le même
la même, enfance(s)s, déni
jamais, peut-être, plus tard
pourquoi, sans raison, trop loin, pourtant

justement le temps
qu'on n'a plus trop

le lien existe

sensible
à ce qui m'empêche
d'avancer

et c'est facile de comprendre que
ce qui m'en empêche
vraiment
d'avancer
aujourd'hui

c'est très simple :

le cul collé à cette chaise
confortable
devant l'ordinateur chronophage

Qui t'attend et se sent inutile


Assise à ton poste de travail
je t'imagine
en train de regarder
par l'une des fenêtres

l'herbe
taillée
arrosée par les
puissants jets d'eau

de suivre
le parcours précis du jardinier
penché sur les
lilas les roses & les gardénias

de lever les yeux au
ciel
un instant
pour savoir si les nuages
ressemblent à quelqu'un
que tu connais

et d'avoir
de fil en aiguille
une petite pensée pour moi
qui t'attends - et me sens inutile

puis de te concentrer
à nouveau
sur les nombreux objectifs
de ton planning quotidien

avant que le chef
revenu de ses statistiques
à la con à la clé
ne transmette tout son stress
à l'équipe

je ne peux rien pour toi
mais
je suis là
qui t'attends - et me sens inutile






2 mai 2013

Un message fort à faire passer !


Allongé dans
mon lit je rêve à des mondes
parallèles

le peuple des gouloulous
qui vit sur les
réverbères
ne rencontre jamais
le peuple des falalas
qui s'est installé
au milieu de la route
s'ils se rencontraient
...

Je tire subitement
de ma poche
un tract sur
lequel
est écrit
"NON au capitalisme sauvage !"

Je me souviens du mec
qui me l'a filé
ce tract
il ressemblait à n'importe qui
portant barbe grise mal rasée
lunette d'intello
jean cool
&
un message fort à faire passer
au plus de monde possible
OK

Puis je reviens
vers les mondes parallèles
parce que si les gouloulous
&
les falalas
lisaient le tract
peut-être que ça changerait
la donne dans ce monde
non ?








la panoplie de l'anti-héros


Je passe
devant
la fenêtre
sale
devant
la tasse de café
vide sur
la table
devant
la petite araignée qui
tisse une toile
presque invisible
devant
l'armoire aux poètes
suicidés
déglingués
devant ce
qui nous mène par
le bout du nez
devant l'acharnement
du manque
devant ta pile
de médicaments
mystérieux

et ce n'est pas de l'indifférence
vois-tu

je passe devant
tout un tas de choses
qui n'en demeurent pas moins
là
bel et bien là

on n'efface pas d'un coup de
baguette magique
l'ombre de Brautigan
&
la panoplie complète de l'anti-héros

on les fait cohabiter
au mieux

1 mai 2013

réflexe

ciel d'automne
au printemps
pluie battante

envie d'écrire
des mots sans savoir
où aller où finir

envie de jouir
tout simplement
sans pression ?

envie de petits riens
de quelque chose
et la chanson besoin de rien, envie de toi

qui me vient
comme réflexe conditionné
par la mémoire, putain de mots

ciel d'automne
au printemps
nuit tombante


des progrès à faire


On se fait face
dans la pièce
à l'écart du bruit
ambiant

-Notre entreprise est en pleine expansion, on cherche 3 postes, votre profil...
etc

l'entretien se passe
cordialement
sans questions trop
embarrassantes
enfin disons que c'est
juste du réchauffé - j'ai l'habitude maintenant.

puis elle me regarde
un peu gênée :
-Excusez-moi d'être aussi directe mais comment dire...
-Oui ?
-Vous avez 45 ans... et on a la désagréable impression que vous stagnez professionnellement...
-Je suis bien d'accord avec vous.

elle ne s'attendait sans doute pas
à ce que j'aille dans son sens
aussi vite
sans montrer
aucune rebéllion
aucune honte
aucun remords

me contentant d'un sourire
sincère
qui en dit long
trop long pour elle
-Vous n'envisagez donc que des boulots alimentaires, en fin de compte ?
-Oui, c'est exact...mais ça ne m'empêche pas d'aimer ensuite - parfois - le boulot que je fais.

elle a un de ces regards
dubitatifs
qui laisse peu de chance
à l'espoir

parce que
savoir convaincre
faire sa pute
ce n'est pas donné
à tout le monde

j'ai des progrès à faire, je crois

NON
j'en suis sûr



Chronique...



Il y avait une petite rivière ici
Dans le temps elle prenait sa source par là-bas
Jure le vieil homme
Montrant du doigt
L’eau stagnante d’un caniveau
Souillé
De pisse.

(Extrait d'un truc en cours)

4 Crétineries d'un mercredi pluvieux


Je gare ma voiture
juste
devant chez moi
je sors une grosse corde
que j'accroche au mur
solidement
je démarre
en tirant
mon appartement
loin de la ville.

***

Elle lit dans les
lignes de ma main
me dit qu'il faut
filer droit au but
ne plus tergiverser
ne plus hésiter une
seule seconde
-c'est écrit là me dit-elle
je ne savais pas les lignes
de ma main aussi
bavardes...
moi qui suis plutôt
timide.

***

Il pleut
des phrases toutes
faites
dans une grisaille
de mots
inutiles

***

Je consulte mon compte
bancaire et je le trouve
bien maigrichon
celui-là
presque rachitique
je me demande s'il ne lit pas
en cachette
les magazines de mode
féminin
avec d'anorexiques mannequins
en couverture

30 avr. 2013

Clin d'oeil du doigt


-Le ventromnipotent ou la toute puissance des obèses.

-L'imprimante religieuse finit par bouffer tout ce qui s'écrit de "sacré".

-Le canapéteur permet d'étouffer les borborygmes anaux devant une émission de télé à la con.

-Après un licen-ciment, il faut bétonner ses arrières !

-Dans les cime-tiers, on ne meurt pas à moitié..

-J'enlève ma robe de chambre, j'enfile mon slip de rue.

-A t'elle retrouvé ses rêves berbères sous les réverbères ?

D'un jour comme ça

des jours comme ça
il y en a
qu'il faut vivre
 à côté de
ses pompes
ou de quelqu'un
n'ayant qu'un ciel
d'hiver pour unique saison
il y a parfois un peu de soleil

à faire
frémir les pages
qui s'étirent
dans le sombre
dedans
d'où rien ne sort
même pas la raison du mystère ; c'est comme ça

non rien ne sort
en fin de compte
c'est-à-dire
qu'il n'y a pas grand-chose
à en tirer
des jours comme ça
ni de soi ni des autres
on a déjà creusé
vécu 
attendu
survécu 
plusieurs fois à cet endroit familier
c'est-à-dire

qu'on ne sent plus
la différence entre
l'entame de l'aube
et la nuit qui paraît

et c'est d'un jour comme ça
qu'il est
fou d'espérer quoi que ce soit



25 avr. 2013

10th STREET (Eric Dejaeger)


De nombreux médecins
prescrivent à leurs patients
neurasthéniques
un détour par
la Rue des Idées Perdues
dont l'on sort
l'esprit complètement
nettoyé
récuré
désinfecté
aseptisé
mais sans plus la moindre
imagination.

Eric Dejaeger : Son blog

Mon petit dernier


Collection "Confetti", publiée chez Asphodele Edition.
Au catalogue des "Confettis" : Jany Pineau, Jean-Jacques Nuel, Esther Ka pour les tout récents... mais aussi Thomas Vinau, Marlène Tissot, Guillaume Siaudeau, Cathy Garcia pour ne citer qu'eux...
Un confetti : 2 euros.
Il s'agit d'une mini-nouvelle de 10 pages, format poche.

23 avr. 2013

dans le désordre

dans le désordre
c'est une journée
de vingt-quatre heures
commencée tôt cette nuit
Millwall-Blackburn cocher 1 - N ou 2
un attentat en Libye
un projet d'attentat déjoué au Canada
un texto de Pôle-Emploi
pour assister à une formation de secrétariat
la poussière sur l'ordinateur
la carte de visite du docteur Ch.
les nuages qui cachent le soleil
le lit pas fait
le vote en faveur du mariage pour tous
la voix de Thierry Beccaro -
ma fille malade regarde
le jeu Motus / des mots de sept lettres -
journée
par exemple
c'est sept lettres
et vingt-quatre heures
alors que désordre
ça ne fait pas gagner
à la télé mais
le temps passe plus vite
jusque tard dans la nuit.
je choisis d'abord Millwall cocher 1

8 avr. 2013

Facile

Un chat court par les toits aux
tuiles décolorées
pour dénicher de la bouffe
quelque part
il me fait face
à présent
avant de disparaître
derrière une cheminée
qui fume
comme je fume tiens et
puis pourquoi
j'ai la carte de visite du Dr Chass...
pliée
en deux
avec un numéro de téléphone et une adresse
et la date du prochain rendez-vous
dans la main ?
je n'ai plus qu'à me
souvenir de l'un et
à oublier l'autre
après tout

Si seulement je pouvais m'en souvenir

C'est dommage que
je ne puisse pas
durablement
me souvenir de
mes rêves
les plus étranges
ces rêves

dans lesquels je ne suis
qu'une sorte d'image
sans corps
sans logique
projetée dans
un "je" parlant de
moi comme si on se

connaissait vraiment
et
ce n'est pas que
je fuie absolument
la réalité le quotidien
les responsabilités
de père de mari d'employé de chômeur
mais cette réalité-là

attire vers elle
les heures à venir les
douceurs
perdues d'avance
jusqu'à fragmenter
toute pensée
sur soi
en un déchet amer

plus sombre
plus dérangeant
plus étrange que
n'importe lequel de

mes rêves

si seulement je
pouvais
m'en souvenir