9 mars 2016
RealPoetik, une nouvelle revue numérique déjà essentielle !
Animée par les 2 tauliers lyonnais Greg Damon & Sammy Sapin, la revue apparue en début d'année en est déjà à son 3è numéro et s'avère déjà comme une évidence.
Au sommaire du #1 : Murièle Modély, Fred Houdaer & Bernard Deglet
Au sommaire du #2 : Marlène Tissot, Claire Rengade & Mike Kasprzak
Au sommaire du #3 : Mark Kerjean, Séverine Castelant & Thomas Vinau
A déguster ici:
realpoetik
Au sommaire du #1 : Murièle Modély, Fred Houdaer & Bernard Deglet
Au sommaire du #2 : Marlène Tissot, Claire Rengade & Mike Kasprzak
Au sommaire du #3 : Mark Kerjean, Séverine Castelant & Thomas Vinau
A déguster ici:
realpoetik
3 mars 2016
Two
Il a survécu
comme on dit
sacrée consolation
on lui rappelle son prénom
il s'en souvient plus trop
il a survécu à l'attentat
ils en parlent encore aux infos
il ne sait pas comment
alors qu'autour de lui c'était
un chaos indescriptible
du sang partout
des éclats de chair
des cris des cris encore des cris
il a survécu
OK
il a perdu une jambe et
un bras et
son portable
il était dans sa poche arrière
il a perdu bien d'autres choses
comme on dit
pour ne pas le brusquer
pour lui permettre de se refaire
avec le temps
il a survécu
***
La nuit
je m'endors
avec des rêves de poursuite
je vois deux gars
qui m'en veulent
je sais même pas pourquoi
ils m'en veulent
je les connais pas
mais ils me connaissent
eux
ils ont des flingues et tirent
un peu au hasard
je vois des gens qui tombent
je ne sais pas s'ils sont
blessés ou
morts
ou s'ils font semblant
la nuit
je m'éveille en sursaut
je vois ces deux gars
qui m'en veulent
et ça dure longtemps
et ça veut dire quoi ce rêve
je vais à la fenêtre
tout paraît si calme
mais moi
j'ai les yeux de mes nuits
aux aguets
comme on dit
sacrée consolation
on lui rappelle son prénom
il s'en souvient plus trop
il a survécu à l'attentat
ils en parlent encore aux infos
il ne sait pas comment
alors qu'autour de lui c'était
un chaos indescriptible
du sang partout
des éclats de chair
des cris des cris encore des cris
il a survécu
OK
il a perdu une jambe et
un bras et
son portable
il était dans sa poche arrière
il a perdu bien d'autres choses
comme on dit
pour ne pas le brusquer
pour lui permettre de se refaire
avec le temps
il a survécu
***
La nuit
je m'endors
avec des rêves de poursuite
je vois deux gars
qui m'en veulent
je sais même pas pourquoi
ils m'en veulent
je les connais pas
mais ils me connaissent
eux
ils ont des flingues et tirent
un peu au hasard
je vois des gens qui tombent
je ne sais pas s'ils sont
blessés ou
morts
ou s'ils font semblant
la nuit
je m'éveille en sursaut
je vois ces deux gars
qui m'en veulent
et ça dure longtemps
et ça veut dire quoi ce rêve
je vais à la fenêtre
tout paraît si calme
mais moi
j'ai les yeux de mes nuits
aux aguets
Un film d'une superbe noirceur
Un film d'Adam Rapp (2007) avec Paul Sparks & Gillian Jacobs.
La dérive de magnifiques 2 loosers, filmée avec maîtrise, justesse et sobriété.
2 mars 2016
1 mars 2016
2è élégie à S
J'ai appris à veiller sur ton sommeil sous ordonnance
à refermer ta bouche quand parfois elle se bloque
à essuyer la bave autour de tes lèvres
à te couvrir d'un drap d'une main ou d'un baiser furtif
Oui j'ai appris à veiller sur ton sommeil irrégulier
à t'observer sans en avoir l'air sans que tu le saches
à deviner si tu pleures si tu renifles de froid
à t'éviter de tomber du lit quand tu y perds pied
J'ai appris à ne plus entendre tes ronflements
à faire semblant de n'être pas gêné
à juste tapoter discrètement sur ton épaule en sueur
Oui j'ai appris à bander seul dans mon coin
sans te déranger
&
au matin te demander
si tu avais bien dormi
si tu te souvenais de ces bribes de phrases incompréhensibles
accompagnées de cris plaintifs
si tu avais rêvé de ton père de ta soeur ou de diables perfides
&
ce matin encore
me blottir tout contre toi
comme
autour du fil un peu perdu de nos années
comme
une première victoire sur l’éphémère
oui
comme
une première victoire sur ta dernière absence
****
Ici la 1ère version du texte :
à refermer ta bouche quand parfois elle se bloque
à essuyer la bave autour de tes lèvres
à te couvrir d'un drap d'une main ou d'un baiser furtif
Oui j'ai appris à veiller sur ton sommeil irrégulier
à t'observer sans en avoir l'air sans que tu le saches
à deviner si tu pleures si tu renifles de froid
à t'éviter de tomber du lit quand tu y perds pied
J'ai appris à ne plus entendre tes ronflements
à faire semblant de n'être pas gêné
à juste tapoter discrètement sur ton épaule en sueur
Oui j'ai appris à bander seul dans mon coin
sans te déranger
&
au matin te demander
si tu avais bien dormi
si tu te souvenais de ces bribes de phrases incompréhensibles
accompagnées de cris plaintifs
si tu avais rêvé de ton père de ta soeur ou de diables perfides
&
ce matin encore
me blottir tout contre toi
comme
autour du fil un peu perdu de nos années
comme
une première victoire sur l’éphémère
oui
comme
une première victoire sur ta dernière absence
****
Ici la 1ère version du texte :
" J'ai appris à veiller sur ton sommeil
à refermer ta bouche quand elle restait bloquée
à essuyer la bave autour de tes lèvres
à me blottir tout contre toi comme au fil de nos années
à refermer ta bouche quand elle restait bloquée
à essuyer la bave autour de tes lèvres
à me blottir tout contre toi comme au fil de nos années
J'ai appris à écouter tes ronflements
à intérioriser cette musicalité du jeu
à faire semblant de n'être pas gêné
à tapoter discrètement sur ton épaule en sueur
à intérioriser cette musicalité du jeu
à faire semblant de n'être pas gêné
à tapoter discrètement sur ton épaule en sueur
J'ai appris à t'observer sans en avoir l'air
à deviner si tu pleurais ou si tu reniflais de froid
à m'inquiéter quand tu bougeais, plaintive
à te couvrir d'un drap d'une main ou d'un baiser furtif
à deviner si tu pleurais ou si tu reniflais de froid
à m'inquiéter quand tu bougeais, plaintive
à te couvrir d'un drap d'une main ou d'un baiser furtif
J'ai appris à bander seul dans mon coin
sans te déranger
à te parler d'amour à l'oreille
sans te réveiller
Oui j'ai appris
sans te déranger
à te parler d'amour à l'oreille
sans te réveiller
Oui j'ai appris
&
au matin te demander
si tu avais bien dormi
si tu avais bien dormi
&
si tu te souvenais d'avoir beaucoup parlé cette nuit "
si tu te souvenais d'avoir beaucoup parlé cette nuit "
La mort aussi
Il fonçait sur son scooter
il avait pas de casque
enfin si mais il l'avait laissé chez lui apparemment
il a grillé le feu
une voiture l'a percuté à l'intersection
son corps est retombé une dizaine de mètres plus loin
ça a fait un gros boum
assez flippant dans la nuit
les pompiers sont arrivés rapidement
la mort aussi
***
Il était allongé sur le trottoir
emmitouflé comme il pouvait
ça caillait grave
il pleuvait même un peu
mais lui
il bougeait pas d'un poil
il avait comme des ecchymoses au visage
les pompiers sont venus le voir
la mort aussi
***
Elle était maigre comme un clou
portait des marques noires sous les yeux
comme des poches de survie
qui auraient pourri depuis belle lurette
elle baissait le regard en marchant
elle baissait le regard en demandant son pain
elle baissait tout le temps le regard
elle rentrait chez elle la peur au ventre
on se doutait bien d'où venaient ses boursouflures
son mec rentrerait bientôt pour la frapper
la mort aussi
***
Elle est en arrêt-maladie depuis des mois
son employeur envisagerait de la licencier
car dit-il et ce, malgré les justificatifs d'absence,
"le service en est grandement perturbé"
elle a même reçu la visite d'un médecin
mandaté par l'entreprise où elle bosse
depuis une quinzaine d'années où elle était
plutôt bien vue et bien considérée mais ça
a nettement changé l'année dernière avec
ce nouveau boss surnommé le nettoyeur
elle prend plusieurs antidépresseurs
ne sort plus de chez elle
pense que ça se terminera mal cette histoire
la mort aussi
sans doute
e
il avait pas de casque
enfin si mais il l'avait laissé chez lui apparemment
il a grillé le feu
une voiture l'a percuté à l'intersection
son corps est retombé une dizaine de mètres plus loin
ça a fait un gros boum
assez flippant dans la nuit
les pompiers sont arrivés rapidement
la mort aussi
***
Il était allongé sur le trottoir
emmitouflé comme il pouvait
ça caillait grave
il pleuvait même un peu
mais lui
il bougeait pas d'un poil
il avait comme des ecchymoses au visage
les pompiers sont venus le voir
la mort aussi
***
Elle était maigre comme un clou
portait des marques noires sous les yeux
comme des poches de survie
qui auraient pourri depuis belle lurette
elle baissait le regard en marchant
elle baissait le regard en demandant son pain
elle baissait tout le temps le regard
elle rentrait chez elle la peur au ventre
on se doutait bien d'où venaient ses boursouflures
son mec rentrerait bientôt pour la frapper
la mort aussi
***
Elle est en arrêt-maladie depuis des mois
son employeur envisagerait de la licencier
car dit-il et ce, malgré les justificatifs d'absence,
"le service en est grandement perturbé"
elle a même reçu la visite d'un médecin
mandaté par l'entreprise où elle bosse
depuis une quinzaine d'années où elle était
plutôt bien vue et bien considérée mais ça
a nettement changé l'année dernière avec
ce nouveau boss surnommé le nettoyeur
elle prend plusieurs antidépresseurs
ne sort plus de chez elle
pense que ça se terminera mal cette histoire
la mort aussi
sans doute
e
27 févr. 2016
1ère élégie (Pour S.)
Alors nous avons fait l'amour
tu m'as donnée
ce jour-là
ce que jamais avant
tu n'avais donné à un autre
tu me l'as dit
tu en étais fière
cela avait de l'importance
pour toi
et tu m'en parles
encore aujourd'hui
cela n'en avait pas vraiment
pour moi
peut-être un peu peut-être oui mais
je n'en ai rien dit
alors nous avons fait l'amour
de quoi
partir
à l'aventure
sans sortir de chez soi
j'étais plus qu’égoïste
et puis
d'une autre éducation
je n'étais pas encore celui
que j'allais devenir
grâce à toi
celui qui s'était habitué à son vide
pourtant douillet mais
sans fondement
un peu jaloux très possessif
j'étais plus qu’égoïste
en manque de confiance
&
d'attentions vers toi
alors nous avons fait l'amour
et nous l'avons refait
tu m'as donnée
ce jour-là
ce que jamais avant
tu n'avais donné à un autre
tu me l'as dit
tu en étais fière
cela avait de l'importance
pour toi
et tu m'en parles
encore aujourd'hui
cela n'en avait pas vraiment
pour moi
peut-être un peu peut-être oui mais
je n'en ai rien dit
alors nous avons fait l'amour
de quoi
partir
à l'aventure
sans sortir de chez soi
j'étais plus qu’égoïste
et puis
d'une autre éducation
je n'étais pas encore celui
que j'allais devenir
grâce à toi
celui qui s'était habitué à son vide
pourtant douillet mais
sans fondement
un peu jaloux très possessif
j'étais plus qu’égoïste
en manque de confiance
&
d'attentions vers toi
alors nous avons fait l'amour
et nous l'avons refait
26 févr. 2016
Les grues de l'asphyxie (Morgan Thunder)
Je viens de découvrir cet auteur, à travers son recueil de nouvelles, publié chez Flammarion (GF 3524).
L'auteur, né à Buffalo en 1948, est encore peu connu en France ; il est également assez confidentiel aux States bien que déjà traduit dans plusieurs langues (dont le javanais du Sud, le berbère marocain et le croate).
Son recueil le plus fameux :"Les grues de l'asphyxie".
Titre original : "3 personnal fornications in Buffalo".
Le traducteur estime avoir garanti l'esprit du romancier à travers ce titre. Soit.
Ce livre m'est tombé dessus par hasard : c'est un ami de ma soeur -avec lequel elle a rompu l'an dernier- qui m'en a parlé en premier. Sous prozac, ce jour-là, il m'avait vivement conseillé de lire un "putain d'truc qui réveille grave la conscience". Ok, j'avais fait. En terminant ma bière pression. A ce jour, c'est toujours le seul à m'avoir parlé du livre en question. A mon tour, je vous en fais la publicité.
La vie est à l'image de ce recueil de nouvelles : pleine d'imprévus. Ou l'inverse. Peu importe. Un recueil constitué de 176 nouvelles sur 105 pages, ça peut paraître curieux, voire bizarre, vous me direz. Et vous n'aurez point tort : ce livre est curieux, bizarre, vraiment bizarre. On entame la lecture à tâtons, avec méfiance, on ne lâche plus le livre ensuite.
Dans le premier texte, le personnage principal passe son temps dans sa chambre à ôter du mur les crottes de nez collées une par une. Cela paraît débile et c'est pourtant très touchant. Surtout lorsqu'une des crottes de nez est associée à un souvenir d'enfance traumatisant. Lisez, vous verrez. Dans le 7è texte, c'est l'histoire d'un couple qui va bien. très bien, même. Çà laisse une impression dérangeante. L'on s'interroge fatalement sur ses propres errances. sans trouver de réponse, quoiqu'un indice puisse être fourni dans le texte suivant où il s'agit d'une course à pied.
Et c'est là qu'on sent toute l'expérience de l'auteur : Morton Thunder.
Sans diplôme, il parcourt le Texas sur une charrette à l'âge de 15 ans. Il vole quelques poules, il est soupçonné de viol sur une fermière, mais vite acquitté (faute de preuves...). Quelques années plus tard, il s'engage dans l'armée (non pas américaine mais togolaise). Il y reste 2 ans, 3 mois, six semaines et un jour et demi. Sa précision d'horloger (dixit sa mère sur facebook) !
Il perd un bras lors d'un conflit tribal auquel il ne comprend rien.
Dès le 15è texte du recueil, un poème. Un haïku, devrais-je dire. Et ainsi de suite, que des haïkus sur trente pages d'affilée. C'est long mais passionnant. Et ce n'est qu'à l'issue du dernier haïku que l'on devine la critique acerbe de l'Amérique Reaganienne. Jamais lu une telle critique acerbe ailleurs.
Morton Thunder a ensuite fait divers boulots : pigiste, pongiste, pompiste.
Avant de se dire qu'écrire un roman irait bien avec sa vie.
Dans le dernier texte, le plus long, c'est toute sa cocasserie qui ressort : un homme rencontre un baobab dans Manhattan et décide de lui greffer une âme. La baobab grandit, grandit, se prostitue, inhale des produits toxiques, ressent des pulsions homosexuelles envers d'autres baobabs, sur la 3è Avenue, tandis que le narrateur devient progressivement un arbre efféminé planté sur la 7è avenue, où les clébards viennent pisser, sans scrupules.
Un livre étrange, vraiment.
Je remercie l'ami de ma soeur -qui fut son ex avant de redevenir son ami., la semaine dernière- A moins que depuis...
Morton Thunder prépare un livre sur les réverbères et les stylos bic.
Hâte de lire ça.
L'auteur, né à Buffalo en 1948, est encore peu connu en France ; il est également assez confidentiel aux States bien que déjà traduit dans plusieurs langues (dont le javanais du Sud, le berbère marocain et le croate).
Son recueil le plus fameux :"Les grues de l'asphyxie".
Titre original : "3 personnal fornications in Buffalo".
Le traducteur estime avoir garanti l'esprit du romancier à travers ce titre. Soit.
Ce livre m'est tombé dessus par hasard : c'est un ami de ma soeur -avec lequel elle a rompu l'an dernier- qui m'en a parlé en premier. Sous prozac, ce jour-là, il m'avait vivement conseillé de lire un "putain d'truc qui réveille grave la conscience". Ok, j'avais fait. En terminant ma bière pression. A ce jour, c'est toujours le seul à m'avoir parlé du livre en question. A mon tour, je vous en fais la publicité.
La vie est à l'image de ce recueil de nouvelles : pleine d'imprévus. Ou l'inverse. Peu importe. Un recueil constitué de 176 nouvelles sur 105 pages, ça peut paraître curieux, voire bizarre, vous me direz. Et vous n'aurez point tort : ce livre est curieux, bizarre, vraiment bizarre. On entame la lecture à tâtons, avec méfiance, on ne lâche plus le livre ensuite.
Dans le premier texte, le personnage principal passe son temps dans sa chambre à ôter du mur les crottes de nez collées une par une. Cela paraît débile et c'est pourtant très touchant. Surtout lorsqu'une des crottes de nez est associée à un souvenir d'enfance traumatisant. Lisez, vous verrez. Dans le 7è texte, c'est l'histoire d'un couple qui va bien. très bien, même. Çà laisse une impression dérangeante. L'on s'interroge fatalement sur ses propres errances. sans trouver de réponse, quoiqu'un indice puisse être fourni dans le texte suivant où il s'agit d'une course à pied.
Et c'est là qu'on sent toute l'expérience de l'auteur : Morton Thunder.
Sans diplôme, il parcourt le Texas sur une charrette à l'âge de 15 ans. Il vole quelques poules, il est soupçonné de viol sur une fermière, mais vite acquitté (faute de preuves...). Quelques années plus tard, il s'engage dans l'armée (non pas américaine mais togolaise). Il y reste 2 ans, 3 mois, six semaines et un jour et demi. Sa précision d'horloger (dixit sa mère sur facebook) !
Il perd un bras lors d'un conflit tribal auquel il ne comprend rien.
Dès le 15è texte du recueil, un poème. Un haïku, devrais-je dire. Et ainsi de suite, que des haïkus sur trente pages d'affilée. C'est long mais passionnant. Et ce n'est qu'à l'issue du dernier haïku que l'on devine la critique acerbe de l'Amérique Reaganienne. Jamais lu une telle critique acerbe ailleurs.
Morton Thunder a ensuite fait divers boulots : pigiste, pongiste, pompiste.
Avant de se dire qu'écrire un roman irait bien avec sa vie.
Dans le dernier texte, le plus long, c'est toute sa cocasserie qui ressort : un homme rencontre un baobab dans Manhattan et décide de lui greffer une âme. La baobab grandit, grandit, se prostitue, inhale des produits toxiques, ressent des pulsions homosexuelles envers d'autres baobabs, sur la 3è Avenue, tandis que le narrateur devient progressivement un arbre efféminé planté sur la 7è avenue, où les clébards viennent pisser, sans scrupules.
Un livre étrange, vraiment.
Je remercie l'ami de ma soeur -qui fut son ex avant de redevenir son ami., la semaine dernière- A moins que depuis...
Morton Thunder prépare un livre sur les réverbères et les stylos bic.
Hâte de lire ça.
Mon oncle, l'égyptologue (pub Ouest-France)
Ça fait longtemps, trop longtemps, qu'on ne l'a pas revu !!!
Hein, Dada, on y va cette année ;-)
J'ai assisté une fois à un de ses cours d’égyptologie... et je n'y ai strictement rien compris...
L'article qui le concerne :
Mon oncle (pas Jacques Tati, mais Gérard)
Ce serpent de mer
Tu trouves un peu de tout par ici
par exemple
celle
qui traîne sa vie ses gosses à l'école sa fatigue au boulot
son ras-le-bol d'un homme de plus en plus indifférent
celle
qui sourit tout le temps mais ne tient pas à s'engager
veut profiter du temps des plaisirs de son corps du corps des autres
celui
qui se sait attiré par les hommes
qui tâche de marcher comme un mâle sans attirer l'attention sur lui
celui
qui avance à grand pas pour ne pas être en retard à un rendez-vous hyper important
le costard, le cravate, l'élégance par dessus tout, la séduction aussi
celle
qui sort de l'école sans apercevoir ni son père ni sa mère et c'est pas la première fois
celui
qui s'en fout de tout vous demande une pièce & vous regarde comme s'il allait vous flinguer
celle
qui porte le hijab par soumission par croyance par défi par connerie j'en sais rien
celui
qui la regarde de travers & sait pour qui voter la prochaine fois
celle
aussi qui la regarde de travers & l’interpelle & l'insulte & s'en va
celui
qui n'intervient jamais & veut rester tranquille dans son coin
celui
qui valide des grilles de loto sportif de loto de keno
tout ce qui peut lui apporter la richesse
celle
qui fume beaucoup trop boit trop crache ses poumons est peut-être gravement malade
celui
qui n'avance pas se parle tout seul cherche dans ses poches
celle
qui me plaît mais pas sa copine trop maigre trop bavarde
celui
que je reconnais vaguement mais on se croise sans rien dire
celle
qui pratique la méditation ou l'engagement social ou un truc dans le genre
celui
qui regarde à la fenêtre
bon à vrai dire
ce que je te raconte-là n'est pas la stricte vérité hein
mais
tu trouves aussi quelques arbres par ici
des bancs où t'asseoir
des murs sales jamais rafraîchis
des poubelles le long des murs
des voitures des scooters des piétons qui passent sans fin
&
un poème à la fin pour t'approprier
d'une certaine manière
ce serpent de mer
dont tu fais pourtant partie
d'une certaine manière
&
dont tu n'entrevois que bribes et hypothèses.
par exemple
celle
qui traîne sa vie ses gosses à l'école sa fatigue au boulot
son ras-le-bol d'un homme de plus en plus indifférent
celle
qui sourit tout le temps mais ne tient pas à s'engager
veut profiter du temps des plaisirs de son corps du corps des autres
celui
qui se sait attiré par les hommes
qui tâche de marcher comme un mâle sans attirer l'attention sur lui
celui
qui avance à grand pas pour ne pas être en retard à un rendez-vous hyper important
le costard, le cravate, l'élégance par dessus tout, la séduction aussi
celle
qui sort de l'école sans apercevoir ni son père ni sa mère et c'est pas la première fois
celui
qui s'en fout de tout vous demande une pièce & vous regarde comme s'il allait vous flinguer
celle
qui porte le hijab par soumission par croyance par défi par connerie j'en sais rien
celui
qui la regarde de travers & sait pour qui voter la prochaine fois
celle
aussi qui la regarde de travers & l’interpelle & l'insulte & s'en va
celui
qui n'intervient jamais & veut rester tranquille dans son coin
celui
qui valide des grilles de loto sportif de loto de keno
tout ce qui peut lui apporter la richesse
celle
qui fume beaucoup trop boit trop crache ses poumons est peut-être gravement malade
celui
qui n'avance pas se parle tout seul cherche dans ses poches
celle
qui me plaît mais pas sa copine trop maigre trop bavarde
celui
que je reconnais vaguement mais on se croise sans rien dire
celle
qui pratique la méditation ou l'engagement social ou un truc dans le genre
celui
qui regarde à la fenêtre
bon à vrai dire
ce que je te raconte-là n'est pas la stricte vérité hein
mais
tu trouves aussi quelques arbres par ici
des bancs où t'asseoir
des murs sales jamais rafraîchis
des poubelles le long des murs
des voitures des scooters des piétons qui passent sans fin
&
un poème à la fin pour t'approprier
d'une certaine manière
ce serpent de mer
dont tu fais pourtant partie
d'une certaine manière
&
dont tu n'entrevois que bribes et hypothèses.
23 févr. 2016
Five words more...
Si on avait pu
deviner
les prémices
de la vie
on aurait
peut-être posé
nos conditions
avant de s'y coller
une bonne fois pour toutes
***
Le sans abri
n'aime pas qu'on l'appelle
comme ça
lui aussi
a sa fierté
"j'ai cent abris, vous n'en avez qu'un, je vous plains"
lui aussi
a son humour
en plus
d'un vieux carton
trempé
***
à la fenêtre je vois
ce que mes yeux
veulent bien voir
c'est peu pour dire
que j'ai tout vu
c'est assez pour m'en
faire une petite idée
***
il y a une grande part
d'improvisation
dans tout ce qu'on fait
qu'il s'agisse d'élever un enfant
qu'il s'agisse d'aimer quelqu'un
qu'il s'agisse de s'en sortir du mieux possible
il y a une grande part
de mensonge
pour faire croire
que l'improvisation
ne dure qu'un temps
***
J'ai besoin de me
parler tout seul
pour mettre un peu d'ordre
dans mon fouillis
intérieur
parfois pire
que le placard
où sont entassés des milliers de
papiers
***
On peut se satisfaire de
ce qu'on a
je ne sais pas si tu es sincère
en disant cela
ou si
tu cherches à me faire plaisir
ou si
tu tiens à te rassurer
sans avoir à énumérer tout ce qu'il
te manque
ou si
tu compares notre situation à
la situation de ceux qui n'ont rien
ou si
la sagesse d'un relatif dénuement
venait de naître
entre nous
au grand jour
ou si
tu me diras le contraire
tout-à-l'heure
***
deviner
les prémices
de la vie
on aurait
peut-être posé
nos conditions
avant de s'y coller
une bonne fois pour toutes
***
Le sans abri
n'aime pas qu'on l'appelle
comme ça
lui aussi
a sa fierté
"j'ai cent abris, vous n'en avez qu'un, je vous plains"
lui aussi
a son humour
en plus
d'un vieux carton
trempé
***
à la fenêtre je vois
ce que mes yeux
veulent bien voir
c'est peu pour dire
que j'ai tout vu
c'est assez pour m'en
faire une petite idée
***
il y a une grande part
d'improvisation
dans tout ce qu'on fait
qu'il s'agisse d'élever un enfant
qu'il s'agisse d'aimer quelqu'un
qu'il s'agisse de s'en sortir du mieux possible
il y a une grande part
de mensonge
pour faire croire
que l'improvisation
ne dure qu'un temps
***
J'ai besoin de me
parler tout seul
pour mettre un peu d'ordre
dans mon fouillis
intérieur
parfois pire
que le placard
où sont entassés des milliers de
papiers
***
On peut se satisfaire de
ce qu'on a
je ne sais pas si tu es sincère
en disant cela
ou si
tu cherches à me faire plaisir
ou si
tu tiens à te rassurer
sans avoir à énumérer tout ce qu'il
te manque
ou si
tu compares notre situation à
la situation de ceux qui n'ont rien
ou si
la sagesse d'un relatif dénuement
venait de naître
entre nous
au grand jour
ou si
tu me diras le contraire
tout-à-l'heure
***
4 aubes, autant de crépuscules en moins
L'oeuf, la poule & le reste
Des oeufs dans le frigo
de quoi faire une omelette
de quoi se poser des questions
de quoi sentir le cul des poules
de quoi faire l'autruche
de quoi classer dans l'ordre &
tout casser
les oeufs sont bien plus que des oeufs, vois-tu
***
Rituel païen avec bedaine
Je suis nu
à la fenêtre
celles qui lèvent la tête
depuis les trottoirs
peuvent m'apercevoir
au crépuscule finissant
effectuer
une danse lascive
&
fêter ainsi le lever d'un jour
résolument
nouveau
***
N'avoir rien à faire, ne rien défaire
J'aimerais vivre en
autarcie
sans avoir besoin de
gagner ma croûte
ni à rendre de
comptes
à qui que ce soit
J'aimerais vivre en
état permanent d'optimisme serein
quand les fruits
&
les légumes d'un jardin
à l'abri des regards
poussent
le plus naturellement du monde
sans qu'il soit nécessaire de
les cultiver
un seul instant
J'aimerais me contenter d'être là
avec toi à
mes côtés
&
voir ce qui se trame
au travers de tes yeux
dans cette nouvelle vie
***
Croire, puisqu'il le faut à un moment
Tu lis parfois
des textes anciens
traduits en français
avant de t'endormir
tu aimes trouver
dans les paroles d'un dieu
sacré
par des hommes morts depuis belle lurette
&
auquel tu t'es remise à croire
un peu
de quoi
donner un sens
positif
à tes angoisses
passées
présentes
ou
futures
je t'entends respirer
je t'entends réciter
puis
t'endormir
le livre tombé à terre
&
partir loin
très loin
Des oeufs dans le frigo
de quoi faire une omelette
de quoi se poser des questions
de quoi sentir le cul des poules
de quoi faire l'autruche
de quoi classer dans l'ordre &
tout casser
les oeufs sont bien plus que des oeufs, vois-tu
***
Rituel païen avec bedaine
Je suis nu
à la fenêtre
celles qui lèvent la tête
depuis les trottoirs
peuvent m'apercevoir
au crépuscule finissant
effectuer
une danse lascive
&
fêter ainsi le lever d'un jour
résolument
nouveau
***
N'avoir rien à faire, ne rien défaire
J'aimerais vivre en
autarcie
sans avoir besoin de
gagner ma croûte
ni à rendre de
comptes
à qui que ce soit
J'aimerais vivre en
état permanent d'optimisme serein
quand les fruits
&
les légumes d'un jardin
à l'abri des regards
poussent
le plus naturellement du monde
sans qu'il soit nécessaire de
les cultiver
un seul instant
J'aimerais me contenter d'être là
avec toi à
mes côtés
&
voir ce qui se trame
au travers de tes yeux
dans cette nouvelle vie
***
Croire, puisqu'il le faut à un moment
Tu lis parfois
des textes anciens
traduits en français
avant de t'endormir
tu aimes trouver
dans les paroles d'un dieu
sacré
par des hommes morts depuis belle lurette
&
auquel tu t'es remise à croire
un peu
de quoi
donner un sens
positif
à tes angoisses
passées
présentes
ou
futures
je t'entends respirer
je t'entends réciter
puis
t'endormir
le livre tombé à terre
&
partir loin
très loin
22 févr. 2016
The Dubliners
Paroles de Sam Hall
Oh my name it is Sam Hall chimney sweep, chimney sweep
Oh my name it is Sam Hall chimney sweep
Oh my name it is Sam Hall and I've robbed both great and small
And my neck will pay for all when I die, when I die
And my neck will pay for all when I die
I have twenty pounds in store, that's not all, that's not all
I have twenty pounds in store, that's not all
I have twenty pounds in store and I'll rob for twenty more
For the rich must help the poor, so must I, so must I
For the rich must help the poor, so must I
Oh they took me to Cootehill in a cart, in a cart
Oh they took me to Cootehill in a cart
Oh they took me to Cootehill where I stopped to make my will
Saying the best of friends must part, so must I, so must I
Saying the best of friends must part, so must I
Up the ladder I did grope, that's no joke, that's no joke
Up the ladder I did grope, that's no joke
Up the ladder I did grope and the hangman pulled the rope
And ne'er a word I spoke, tumbling down, tumbling down
And ne'er a word I spoke tumbling down
Oh my name it is Sam Hall chimney sweep, chimney sweep
Oh my name it is Sam Hall chimney sweep
Oh my name it is Sam Hall and I've robbed both great and small
And my neck will pay for all when I die, when I die
And my neck will pay for all when I die
And my neck will pay for all when I die
I have twenty pounds in store, that's not all, that's not all
I have twenty pounds in store, that's not all
I have twenty pounds in store and I'll rob for twenty more
For the rich must help the poor, so must I, so must I
For the rich must help the poor, so must I
Oh they took me to Cootehill in a cart, in a cart
Oh they took me to Cootehill in a cart
Oh they took me to Cootehill where I stopped to make my will
Saying the best of friends must part, so must I, so must I
Saying the best of friends must part, so must I
Up the ladder I did grope, that's no joke, that's no joke
Up the ladder I did grope, that's no joke
Up the ladder I did grope and the hangman pulled the rope
And ne'er a word I spoke, tumbling down, tumbling down
And ne'er a word I spoke tumbling down
Oh my name it is Sam Hall chimney sweep, chimney sweep
Oh my name it is Sam Hall chimney sweep
Oh my name it is Sam Hall and I've robbed both great and small
And my neck will pay for all when I die, when I die
And my neck will pay for all when I die
Sam Hall à tue-tête
Je suis au volant de ma bagnole
J'écoute un cd des Dubliners
musique irlandaise traditionnelle
je suis au volant de ma bagnole
&
je chante à tue-tête Sam Hall avec les Dubliners
l'accent en moins
la pinte de bière en moins
Pendant ce temps...
Le facteur sur son vélo effectue sa tournée
deux ouvriers élaguent des arbres
la boulangère place soigneusement les pâtisseries en devanture
un employé balaie mollement le trottoir
un petit vieux avance péniblement
une jeune étudiante roule du cul dans le vent
la vie de tous les jours, quoi
Moi
je n'ai rien à faire de particulier
si ce n'est
changer de place ma bagnole
pour éviter
de choper une prune de 35 euros
Payer
payer
payer
la thune file plus vite que le temps
bordel
j'ai jamais trouvé de billet de banque
par terre
Je resterais bien encore un peu
au volant de ma bagnole
en chantant comme un damné Sam Hall avec les Dubliners
la barbe en moins
des dents en plus
Mais
Une place de stationnement s'est libérée
je vais ensuite rentrer chez moi
grimper les escaliers
pisser
fumer
boire un café
enfiler une robe de chambre
glander sur internet
&
attendre
attendre
attendre quoi au juste...
une happy end à tout ce brouillon de vie ?
J'écoute un cd des Dubliners
musique irlandaise traditionnelle
je suis au volant de ma bagnole
&
je chante à tue-tête Sam Hall avec les Dubliners
l'accent en moins
la pinte de bière en moins
Pendant ce temps...
Le facteur sur son vélo effectue sa tournée
deux ouvriers élaguent des arbres
la boulangère place soigneusement les pâtisseries en devanture
un employé balaie mollement le trottoir
un petit vieux avance péniblement
une jeune étudiante roule du cul dans le vent
la vie de tous les jours, quoi
Moi
je n'ai rien à faire de particulier
si ce n'est
changer de place ma bagnole
pour éviter
de choper une prune de 35 euros
Payer
payer
payer
la thune file plus vite que le temps
bordel
j'ai jamais trouvé de billet de banque
par terre
Je resterais bien encore un peu
au volant de ma bagnole
en chantant comme un damné Sam Hall avec les Dubliners
la barbe en moins
des dents en plus
Mais
Une place de stationnement s'est libérée
je vais ensuite rentrer chez moi
grimper les escaliers
pisser
fumer
boire un café
enfiler une robe de chambre
glander sur internet
&
attendre
attendre
attendre quoi au juste...
une happy end à tout ce brouillon de vie ?
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