La Belle-mère Dure, quatorzième du nom, est parue bien poilue (dixit Eric). Je rajouterais qu'elle est même fort bien couillue ;-))
Au sommaire : Éric Dejaeger, John F. Ellyton, Théophile de Giraud, Martine Lequenne, le Dr Lichic, Fabrice Marzuolo, Jean-Philippe Querton, Thierry Roquet et Alain Sagault.
Enjoy ici : http://lbmdure.canalblog.com/
Et n'oubliez point la lecture jubilatoire des précédents numéros.
26 févr. 2010
24 févr. 2010
pas davantage
J’ai sur le bout
de la langue
un truc longuement germé
quelques mots
deux ou trois syllabes
qui ne sortent
pas
et j’aimerais pouvoir
les cracher
sur la table
n’importe ou
devant tes yeux
que ça prenne forme
avec le temps
que ça te donne
envie
d’en savoir davantage
je n’en demande pas
plus.
de la langue
un truc longuement germé
quelques mots
deux ou trois syllabes
qui ne sortent
pas
et j’aimerais pouvoir
les cracher
sur la table
n’importe ou
devant tes yeux
que ça prenne forme
avec le temps
que ça te donne
envie
d’en savoir davantage
je n’en demande pas
plus.
Comme si
Il est possible
que dieu
soit planqué
juste
derrière
la porte
Il est possible aussi
que dieu soit
devant la grande
surface
comme un vigile
rigide
Ou qu'il soit
sous
mes pas
au dessus de
ma tête
ou dans mon
esprit
alors
le mieux à faire
pour l'instant
est de continuer
d’avancer
comme si
de rien n’était
que dieu
soit planqué
juste
derrière
la porte
Il est possible aussi
que dieu soit
devant la grande
surface
comme un vigile
rigide
Ou qu'il soit
sous
mes pas
au dessus de
ma tête
ou dans mon
esprit
alors
le mieux à faire
pour l'instant
est de continuer
d’avancer
comme si
de rien n’était
Dans une boîte
il a peur
de terminer
sa vie tout seul
de vivre dans le noir
absolu
sans l'espoir
d'une fenêtre
de confronter
son quotidien
tranquille
à ses petits
démons
récurrents
il a peur
de n’en avoir
jamais
fini
avec l'impossible
consolation
du temps
qui passe
dans une boîte
de conserve
mal
refermée
il a peur
de ses petits
riens
qui font
une litanie
infernale
tout simplement
de terminer
sa vie tout seul
de vivre dans le noir
absolu
sans l'espoir
d'une fenêtre
de confronter
son quotidien
tranquille
à ses petits
démons
récurrents
il a peur
de n’en avoir
jamais
fini
avec l'impossible
consolation
du temps
qui passe
dans une boîte
de conserve
mal
refermée
il a peur
de ses petits
riens
qui font
une litanie
infernale
tout simplement
22 févr. 2010
Le Microbes 58 est arrivé


Au sommaire de ce fort bon crû spécial femmes :Pascale Arguedas, Alexandra Bouge, Florence Boutet, Nilda Cepero, Hélène Dassavray, Anna de Sandre, Mireille Disdero, co errante, Cathy Garcia, Isabelle Herbert, Virginie Holaind, Jany Pineau, Nancy Quadflieg, Marlène Tissot, Anaïs Valente, Jasmine Viguier. Les illustrations sont de Martine Zimmer.
Le 24ème mi(ni)crobe, Les oreilles de Charles Bukowski, absolument excellent, de Hervé Merlot accompagne le 58è rugissant viral.
15 févr. 2010
Hors saison in the train
Il faisait vache de
chaud
sur le quai
quand le train s'est
arrêté
j'ai foncé pas
de clim
me suis trouvé un coin
fenêtre tout
libre
en diagonale
une femme
débardeur longue
jupe
elle abaisse le
haut
no soutif remonte
le bas
no culotte
je change
de compartiment
zéro assume
chaud
sur le quai
quand le train s'est
arrêté
j'ai foncé pas
de clim
me suis trouvé un coin
fenêtre tout
libre
en diagonale
une femme
débardeur longue
jupe
elle abaisse le
haut
no soutif remonte
le bas
no culotte
je change
de compartiment
zéro assume
13 févr. 2010
12 févr. 2010
Ligne de conduite (Marlène Tissot)
Elle s’était fixé une ligne de conduite
et elle comptait bien ne pas en dévier
la suivre jusqu’au bout
coûte que coûte
avec la détermination
d’un chien flairant une piste
la rage d’un junkie sniffant
son dernier rail de coke
et elle comptait bien ne pas en dévier
la suivre jusqu’au bout
coûte que coûte
avec la détermination
d’un chien flairant une piste
la rage d’un junkie sniffant
son dernier rail de coke
Gymnaste improvisé
Je vais
tracer une ligne
horizontale
une ligne
imaginaire
entre les hauts et
les bas de la vie
m'y tenir
le plus longuement
possible:
les mains fermement
accrochées dessus,
le corps tournant
sur lui-même
comme un gymnaste
improvisé
au dessus des vides.
Celui du haut.
Comme celui du bas.
tracer une ligne
horizontale
une ligne
imaginaire
entre les hauts et
les bas de la vie
m'y tenir
le plus longuement
possible:
les mains fermement
accrochées dessus,
le corps tournant
sur lui-même
comme un gymnaste
improvisé
au dessus des vides.
Celui du haut.
Comme celui du bas.
La route qui mène là ou il ne savait pas qu'il irait et ou il est allé quand même parce que c'est comme ça
Il traversa donc l'Atlantique (à moitié)
sur une chaise pliante.
Il dériva d'abord lentement le long
des côtes bretonnes.
A cause de vagues en furie
qui le ramenaient sans cesse
vers le rivage.
Il lui fallut battre ses mains
dans l'eau
contre les courants
comme un forcené
jusqu'à la limite de ses forces
pour rejoindre le Centre de l'Océan.
Là
épuisé grillé sans voix amaigri affamé
désséché méconnaissable défiguré
mais,
au calme,
il reprit son souffle.
Il jeta un oeil vers l'Amérique
L'autre vers la côte bretonne
Il jeta un oeil vers l'Amérique
L'autre vers la côte bretonne.
Puis il se mit à contempler
le Centre de l'Océan
Là
assis sur sa chaise pliante.
Au calme.
Entre deux vaguelettes.
C'est là que je vais m'installer!
hurla t'il à qui voulait l'entendre.
Là.
sur une chaise pliante.
Il dériva d'abord lentement le long
des côtes bretonnes.
A cause de vagues en furie
qui le ramenaient sans cesse
vers le rivage.
Il lui fallut battre ses mains
dans l'eau
contre les courants
comme un forcené
jusqu'à la limite de ses forces
pour rejoindre le Centre de l'Océan.
Là
épuisé grillé sans voix amaigri affamé
désséché méconnaissable défiguré
mais,
au calme,
il reprit son souffle.
Il jeta un oeil vers l'Amérique
L'autre vers la côte bretonne
Il jeta un oeil vers l'Amérique
L'autre vers la côte bretonne.
Puis il se mit à contempler
le Centre de l'Océan
Là
assis sur sa chaise pliante.
Au calme.
Entre deux vaguelettes.
C'est là que je vais m'installer!
hurla t'il à qui voulait l'entendre.
Là.
Pour une broutille de plus
Le père
regard froid
inflexible
main levée
ses principes
la mère
sans autre conviction
médiatrice un peu
à l'écart surtout
apeurée
pas son rôle
et lui au milieu de tout ça
ne sachant s'il faut en rire
ou en pleurer
s'excuse (par habitude)
aimerait retourner dans
sa chambre
avec ses jouets.
regard froid
inflexible
main levée
ses principes
la mère
sans autre conviction
médiatrice un peu
à l'écart surtout
apeurée
pas son rôle
et lui au milieu de tout ça
ne sachant s'il faut en rire
ou en pleurer
s'excuse (par habitude)
aimerait retourner dans
sa chambre
avec ses jouets.
Ca marche pas comme ça, hein
Pour éviter
de voir les emmerdes en face
il leur tourne le dos
faisant claquer ses talons
sur le sol
à la manière d'un cow-boy
venu de nulle part
faire la
peau
aux plus lâches salauds
dans un happy end.
de voir les emmerdes en face
il leur tourne le dos
faisant claquer ses talons
sur le sol
à la manière d'un cow-boy
venu de nulle part
faire la
peau
aux plus lâches salauds
dans un happy end.
Manque d'énergie
Le médecin lui a prescrit
un traitement
d'une semaine sur prise secteur.
C'est pour ça qu'il éclaire
la nuit
maintenant
un peu comme une lampe
halogène ou
un ver luisant.
un traitement
d'une semaine sur prise secteur.
C'est pour ça qu'il éclaire
la nuit
maintenant
un peu comme une lampe
halogène ou
un ver luisant.
11 févr. 2010
La machine à laver
Il est là assis
devant
assis
à fixer la machine à laver
à suivre des yeux
le tambour de la machine à laver
qui tourne
qui tourne
qui tourne
et impossible de lui arracher
un mot
une réponse
impossible de le faire décoller de là
il est comme aspiré
par ce moteur
qui tourne
qui tourne
qui tourne
et quand cesse enfin
le cycle de lavage
d'essorage
après deux heures
il met du temps
avant de reprendre ses esprits
Puis il me dit tout simplement:
"ça y est maintenant, je suis complètement propre".
devant
assis
à fixer la machine à laver
à suivre des yeux
le tambour de la machine à laver
qui tourne
qui tourne
qui tourne
et impossible de lui arracher
un mot
une réponse
impossible de le faire décoller de là
il est comme aspiré
par ce moteur
qui tourne
qui tourne
qui tourne
et quand cesse enfin
le cycle de lavage
d'essorage
après deux heures
il met du temps
avant de reprendre ses esprits
Puis il me dit tout simplement:
"ça y est maintenant, je suis complètement propre".
Dormir, longtemps
N'a envie de rien, simplement dormir. Prendre sa dose de tranquillisants et dormir. Longtemps. Toute la nuit, et puis la journée suivante. Et ainsi de suite. Ce serait bien si je ne me réveillais plus jamais dit-elle. Que répondre à ça? Ca fait belle lurette qu'il se sent dépassé, impuissant.
Elle a pleuré. De violents spasmes, des larmes libératrices sur l'instant. D'un trop plein qui devait sortir. De toutes ces émotions qui l'obstruent. Des voix qui la rendent dingue. Des souvenirs en pagaille. En désordre. A pleuré après sa journée de travail parce qu'à force de faire semblant d'aller normalement, elle a craqué. J'en ai marre, j'en ai marre. Qu'elle lui répète, en sanglots. L' a prise dans ses bras. A fait ce qu'il a pu. Ca fait belle lurette qu'il se sent dépassé, impuissant. On ne soigne pas avec quelques caresses dans les cheveux, quelques baisers tendres, quelques mots de réconfort. C'est mieux que rien: mais. Tout, tout, tout est prétexte à l'angoisse. Absolument tout. Les yeux cernés, creusés d'un goudron déchiqueté qui noircit l'ovale beauté de son visage presqu'enfantin et lui donne un air complètement ahuri. La femme absente, la femme survie. Désorientée. De ne pas savoir, de mal savoir, de trop savoir. S'en est allée se coucher. Dans le lit. Sous les draps, vite fait. Mais ailleurs. Partie ailleurs, venue d'ailleurs. Un squelette sorti de son trou par erreur. Ce serait bien si je ne me réveillais plus jamais. N'a envie de rien, simplement dormir. Longtemps. Dans cette chambre. Sa phrase y résonne encore.
Elle a pleuré. De violents spasmes, des larmes libératrices sur l'instant. D'un trop plein qui devait sortir. De toutes ces émotions qui l'obstruent. Des voix qui la rendent dingue. Des souvenirs en pagaille. En désordre. A pleuré après sa journée de travail parce qu'à force de faire semblant d'aller normalement, elle a craqué. J'en ai marre, j'en ai marre. Qu'elle lui répète, en sanglots. L' a prise dans ses bras. A fait ce qu'il a pu. Ca fait belle lurette qu'il se sent dépassé, impuissant. On ne soigne pas avec quelques caresses dans les cheveux, quelques baisers tendres, quelques mots de réconfort. C'est mieux que rien: mais. Tout, tout, tout est prétexte à l'angoisse. Absolument tout. Les yeux cernés, creusés d'un goudron déchiqueté qui noircit l'ovale beauté de son visage presqu'enfantin et lui donne un air complètement ahuri. La femme absente, la femme survie. Désorientée. De ne pas savoir, de mal savoir, de trop savoir. S'en est allée se coucher. Dans le lit. Sous les draps, vite fait. Mais ailleurs. Partie ailleurs, venue d'ailleurs. Un squelette sorti de son trou par erreur. Ce serait bien si je ne me réveillais plus jamais. N'a envie de rien, simplement dormir. Longtemps. Dans cette chambre. Sa phrase y résonne encore.
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