je suis déjà
en nage
dans mon bleu de chauffe
un peu trop large
derrière une
énorme citerne
il me dit :
-viens on va s'en griller une là
comme j'hésite
un peu
il trouve à me convaincre :
-t'inquiètes, le boss peut pas nous voir d'où il est
je pose mon grand pinceau
et le seau maculé d'huile
par terre
-moi, c'est Bob
-Thierry, je réponds
je lui demande ça fait combien
de temps qu'il
bosse dans la boîte
-deux ans, un peu plus peut-être
puis je lui demande si
ça lui plaît
ici
il se marre comme une baleine
et les regards d'autres ouvriers se tournent
vers nous
-merde, y'en a bien un qui va nous dénoncer, tu vas voir !
qu'il fait
tout bas
puis il énumère sur ses doigts
d'un ton presque doux
de 1-ici, c'est ambiance de faux-culs
de 2-le patron est un enculé
de 3-le salaire est pourri
de 4-je te parle pas de l'organisation, des rotations
il me tend une
heineken 33cl
sortie d'un sac plastique à ses pieds
et tiédie
par le soleil
-je trouve pas de 5 pour l'instant mais j'te jure qu'il doit bien y en avoir un...
-t'as sans doute raison
-à la tienne, mec ! faut faire avec c'qu'on a, hein ?
un peu plus tard dans l'après-midi
fatigué par
la répétition des efforts
je prends une petite pause
clope
bien méritée
à l'abri des regards
mon collègue de tout-à-l'heure
(il a l'oeil)
vient me voir et
ma lance gentiment :
-t'avances pas vite, nom de dieu... tu veux un coup de main sur le haut de la citerne ?
-nan ça ira, j'vais m'y remettre
-c'est la première fois que tu bosses sur un chantier, hein ?
puis il me dit
tout sourire:
-et de 5, j'ai trouvé.. je crois que t'es pas fait pour ça !
on s'est salué
à la fin de la journée
et j'ai repensé à lui
le lendemain
quand je suis resté
chez moi
fourbu de partout
23 mai 2013
22 mai 2013
Un renoncement aux paradoxes
par paresse
ou
par commodité
mes pensées
ne dépassent
pas
la limite
autorisée
elles se situent
dans un espace
temps/lieu/causal
bien coordonné
&
couru
d'avance
une mémoire
très
sélective
permet au présent
d'exister
sans encombre
parmi les autres /
avec moi-même
l'usage même
restreint
que je fais
des mots
cédant sans doute à la facilité
du simple /
oubliant la richesse
inouie de la langue /
participe de cet
effort
du peu
auquel je prête
parfois
une bien meilleure intention
et qui se pourrait être
une forme
de sagesse
ou
de maturité
ne m'empêche nullement
de nommer "je"
nommer "moi"
sans y voir
forcément
un renoncement
ferme
aux paradoxes
ou
par commodité
mes pensées
ne dépassent
pas
la limite
autorisée
elles se situent
dans un espace
temps/lieu/causal
bien coordonné
&
couru
d'avance
une mémoire
très
sélective
permet au présent
d'exister
sans encombre
parmi les autres /
avec moi-même
l'usage même
restreint
que je fais
des mots
cédant sans doute à la facilité
du simple /
oubliant la richesse
inouie de la langue /
participe de cet
effort
du peu
auquel je prête
parfois
une bien meilleure intention
et qui se pourrait être
une forme
de sagesse
ou
de maturité
ne m'empêche nullement
de nommer "je"
nommer "moi"
sans y voir
forcément
un renoncement
ferme
aux paradoxes
17 mai 2013
5 autres crétineries
Si l'existence
précède
l'essence
alors le baril de brut
ne sert à
rien
(j'ai quand même fait le plein
au cas où ce soit l'inverse)
***
Après un rapide entretien
(de ses seins)
il l'a embauchée
sur le champ
espérant mieux
la débaucher
ensuite
***
Nous avons parlé
de tout
et de rien
au final c'est
le rien qui
l'a emporté.
***
On se serre la main
on se regarde droit dans les yeux
on se sourit
on se parle normalement
à part ça ?
on ne peut pas se blairer !
***
Aujourd'hui c'est
vendredi
c'est sans doute l'assertion
la plus faussement
évidente que
j'ai eue à écrire
aujourd'hui.
Week-end
on s'arrêtera
au bord de l'autoroute
avec nos casse-croûtes
déjà préparés
la veille
tu me diras en plaisantant que
je n'ai pas vraiment
le sens
de l'orientation
je te répondrai
qu'on s'y
retrouvera quand même
tu me diras de ne pas dépasser
la vitesse
autorisée
je te répondrai que le moteur
devrait pouvoir tenir
jusqu'au bout
parce que
cette vieille
Clio
nous mènera bien
encore dans des endroits
insolites
en pleine campagne
puante de lisier
ou le long
de falaises
à pic
de la côté atlantique
ou près
d'une plage touristique
et on finira
par dégoter un
hôtel
pas cher
près d'une zone
industrielle
et on prendra
des photos
de nous deux
dans cette chambre
minuscule
en train de nous reposer
d'un si long voyage
Ni trop... ni trop peu
ni trop
ni trop peu
ça commence
dans la douceur
avec ce franc soleil
matinal
&
de la bonne musique
en arrière-fond
&
un dernier rêve
plutôt amusant
(je me souviens juste de la fin)
&
un café bien serré
posé à côté
&
l'odeur
parfumée de
ses cheveux encore
mouillés
puis
des mots
échangés
qui ne heurtent
personne
puis
simplement
voir naître
à l'éphèmère
les volutes
des fumées de nos
clopes
sans songer à rien
de grave
&
approcher
lentement du
souffle de
l'autre
&
ça pourrait continuer
encore un peu
comme ça
n'est-ce-pas
&
s'en tenir à ce précieux
équilibre
des choses
sensibles
&
ça ne serait
ni trop
ni trop peu
16 mai 2013
Dimanche (Mu LM)
Dimanche, je prendrai mes enfants sous le bras et nous irons pêcher
Nous sortirons de la gibecière
(ce n'est pas le bon mot
j'aurais du dire sac
ou poche
car ici on dit poche
on porte à bout de bras les trous de nos tissus)
des vers
Sur le bord du fleuve, il fera beau
Les dimanches dans mes poèmes, il fait toujours beau
un trou à la main, des moucherons dans le cerveau
à balancer en rythme les enfants sous le bras
dans l'eau grasse les vers
à attendre
attendre
attendre
dans x fois huit lettres
l'infusion des secondes
le frémissement de la corde tendue
(le fil de pêche est épais comme un gros ombilic
noué entre des rires et nos vieux souvenirs)
Derrière ou à côté
une fille noire lippue
(moi ?)
embrassera à pleine bouche
un homme trop grand pour elle
(lui ?)
c'est comme ça le dimanche
les espérances folles et la crudité nue
Jusqu'à la fin du jour
des couleuvres
des poissons
des regards globuleux
(ô magie du poème
gobe)
frétilleront dans l'herbe au bord de la Garonne
Son blog : http://l-oeil-bande.blogspot.fr/
Opération secrète
les éboueurs
ont repéré
un lourd sac plastique
hermétiquement fermé
&
pestilentiel
ils se sont longuement
dévisagé avant
d'appeler les flics :
-on dirait une sale odeur de cadavre
quand la police
scientifique
a ouvert le lourd sac plastique
pestilentiel
une masse colossale
de chiffres
d'euros comptables
et de comptes bancaires
s'est déversé sur le trottoir
avec un bout d'adresse
mal déchiré
provenant de l'Elysée...
Un tout dévasté ?
je m'installe à ma table de travail
c'est-à-dire que je fixe
l'écran de l'ordinateur
une bonne partie de la journée
(ç'a un côté un peu monomaniaque).
(et certainement aussi un aspect maladif)
je t'entends paisiblement ronfler
dans le lit
(tu n'es pas allée bosser aujourd'hui).
(tu as perdu énormément de poids ces derniers temps)
pourtant
il reste un coin de ciel bleu
au milieu des nuages
sombres
(acte de résistance voué à l'échec ?)
je lis des articles d'actualité
des faits divers
des informations sur les people
les résulats de foot
je lis les décès survenus cette année
les années précédentes sur Wikipédia
mais aussi les biographies
succinctes de poètes déjà morts
et enterrés
pourtant
il reste une chance de s'en sortir
sans sombrer
complètement
(est-ce qu'on y croit vraiment ?)
j'ai besoin d'une n-ième clope
d'un n-ième café noir sans sucre
d'apprendre à respirer convenablement
j'ai besoin de
ne plus sentir cette boule au bide
j'ai besoin de quelque chose de
constructif
de te prouver que tu
n'es pas toute seule
à surnager dans cette merde
pourtant
il n'y a bien que mes poèmes
(certains d'entre eux, tout au plus)
qui sachent
vivre au dessus du vide
(est-ce qu'ils ont un avenir ?)
(est-ce qu'ils font partie d'un tout dévasté ?).
15 mai 2013
Rien n'a vraiment changé
je collectionnais
les magazines
quand j'étais adolescent
les Pariscope
les Onze-Mondial
Les Historia
les France Football
du mardi et du vendredi
les Télé 7 Jours
des fêtes de fin d'année
je cachais aussi
quelques photos un peu érotiques
souvent en noir et blanc
découpées dans les magazines
d'information de mon père
je les empilais dans
une double armoire
ça pesait son poids
ça n'avait aucun sens
d'empiler ainsi
des magazines que je ne rouvrais
quasiment jamais
j'ai continué à collectionner
ces mêmes magazines
et d'autres
en habitant
un studio de 20m2
et puis
j'ai fini par tout jeter
à la poubelle
ça n'avait aucun sens de tout
jeter ainsi
c'était comme effacer
une partie de moi
qui ne ressemblait certes à rien
de consistant
mais qui avait pris toute
la place de la
consistance
c'était prendre le risque
de déclencher
un obus
et d'y creuser un
trou de
mémoire
sur tout le reste
aujourd'hui
je ne collectionne
plus rien
mais je note
scrupuleusement
sur l'ordinateur
tout ce qui m'arrive dans
les moindres détails les
plus insignifiants
ça n'a aucun sens
d'empiler ainsi
mémos sur mémos
année par année
ça n'a aucun sens
fort sens commercial
c'est bien payé
mais
c'est pas pour moi
l'annonce précise
qu'il faut être doté
d'un fort sens commercial
je sors une bière du frigo
je demande à ma femme
pourquoi je ne suis pas
doté d'un fort sens commercial
elle me sourit gentiment
-t'as d'autres qualités, mon amour
-peut-être, mais pas pour l'annonce
-t'en fais pas, tu trouveras bien quelque chose
-ouais, ouais
je bois une longue lampée de bière
je demande à ma femme
si elle m'aime toujours
même si j'ai pas un fort sens commercial
-y'a pas que le fric dans la vie, me dit-elle
puis
elle approche
son souffle est sur
ma nuque
-j'ai envie de toi
sa main est sur
ma queue
fièrement dressée
-je t'avais bien dit que t'avais d'autres qualités, mon amour
à ce moment-là
j'ai bien failli
la croire
Frigo là-haut ?
plusieurs fois
le soleil a couché
avec la pluie
et de leur union
hasardeuse
est née
une tripotée
d'arc-en-ciels
embryonnaires
portés disparus
depuis
le soleil a couché
avec la pluie
et de leur union
hasardeuse
est née
une tripotée
d'arc-en-ciels
embryonnaires
portés disparus
depuis
Une petite histoire de mouche
il était une fois
une mouche à merdes
qui en avait marre
de renifler les excréments
elle resta un an sans rien faire
d'autre que regarder
les autres mouches à merdes
qui ne sachant faire que ça
reniflaient les excréments
elle mourut
écrasée
comme une merde
à défaut d'avoir été mouche
une mouche à merdes
qui en avait marre
de renifler les excréments
elle resta un an sans rien faire
d'autre que regarder
les autres mouches à merdes
qui ne sachant faire que ça
reniflaient les excréments
elle mourut
écrasée
comme une merde
à défaut d'avoir été mouche
Grand Seigneur
le siège sur lequel je suis assis
est une reproduction
de style Louis XV
ce qui me donne l'impression
de gouverner
la royaume des
pixels
&
de Navarre
devant l'écran de l'ordinateur
est une reproduction
de style Louis XV
ce qui me donne l'impression
de gouverner
la royaume des
pixels
&
de Navarre
devant l'écran de l'ordinateur
En attendant...
les jours passent
plus ou moins
vite
plus ou moins
identiques
c'est banal
lancinant
et l'horizon dans tout ça ?
d'un côté le carcan
de l'autre la phobie
au milieu c'est une tête
lestée
de tension
vague
qui se dit :
mieux vaut
s'enfermer
ici
volontaire
(mais la volonté se fout bien
d'elle-même)
alors que tant d'autres
y sont déjà
les pieds et les poings
déliés
puisque
la vie poursuit son
cours
juste à côté
(c'est ailleurs, c'est si loin)
(ce sont des bruits, des pas
des gens abstraits en somme
on ne se connaît pas)
on chercherait en vain
ici
l'alchimie
d'une réussite
&
le soupçon
d'un renouveau
(un modèle neuf et bien ficelé)
s'enfermer
volontaire
en attendant mais
que faire
d'autre
quand l'attente
paraît
interminable
et
qu'elle mène à
une voie sans issue
(c'est le serpent qui
se mord la queue) ?
8 mai 2013
Impro
je laisse glisser
les mots
les uns après les autres
sans trop savoir
si ça va donner
quelque chose
parfois
les mots
se bousculent
avec fluidité
s'estimant en droit
de venir noircir
la page
puisqu'ils le
veulent
puisque ce sont
les mêmes
que d'habitude
à peu de choses près
quant aux autres
mots
ceux
qui pourraient
fournir d'autres images
ils ne sortent pas
si facilement
que ça
est-ce de la
retenue
est-ce de l'
ignorance
et quand la page
est bien noircie
comme c'est le cas
à présent
je me rends bien
compte
que quelque chose
cloche vraiment
qu'il y a un
blocage
que des connections
nouvelles
ne se font pas
qu'une paresse
finit par remplacer
l'impuissance
à faire mieux
et ça leur donne la dalle
avec toute cette pluie
qui se déverse
sur la ville
les hommes et les femmes
le nez à la vitre
voient
pousser
de plusieurs centimètres
les hommes et les femmes
dehors
qu'ils comparent à des
carottes à des
navets à des
brocolis
ils n'ont pas de jardin
par ici
et ça leur donne
faim.
7 mai 2013
comme aujourd'hui, brouillard...
Demain
sera
tristesse
comme
aujourd'hui
brouillard
quel poids porteras-tu sur
les épaules ?
quelle pensée t'obsédera
au point d'en perdre
l'appétit ?
quelle sensation ton corps
quelle image ton passé
quel sourire pour adoucir
ce qui ne se dit pas ?
5 mai 2013
D'être quelqu'un à tes yeux ?
Je sais que je tiens-là
une justification
aussi absurde que romantique
à mon manque d'ambition
professionnelle
et à tout ce qui en
découle
de négatif -
par exemple dans le
regard des autres -
oui, j'écris des poèmes
oui, j'écris de courts textes en prose
non, je ne fais rien d'autre
pour alimenter le compte en banque
suis-je encore
digne
d'être quelqu'un à tes yeux ?
Anniversaire !
Tu viens d'avoir
trente-huit ans
aujourd'hui
tu observes dans la glace
les avancées
du temps
et tu en conclus
qu'il n'est vraiment pas nécessaire
de souffler toutes ces bougies
comme si c'était jour
de fête
trente-huit ans
aujourd'hui
tu observes dans la glace
les avancées
du temps
et tu en conclus
qu'il n'est vraiment pas nécessaire
de souffler toutes ces bougies
comme si c'était jour
de fête
Couches superposées
Une pensée
en amenant une autre
sans forcément un lien
entre elles
il m'est parfois très difficile
de savoir
si elles ne sont pas
seulement
les couches superposées
d'un vieux mur
peint
&
repeint
à plusieurs époques
différentes.
en amenant une autre
sans forcément un lien
entre elles
il m'est parfois très difficile
de savoir
si elles ne sont pas
seulement
les couches superposées
d'un vieux mur
peint
&
repeint
à plusieurs époques
différentes.
3 mai 2013
La métamorphose des cloportes (FXF)
La métamorphose des cloportes
Le miracle en poésie
c’est qu’un type
affreusement dégueulasse
peut s’avérer être
un excellent poète
et qu’un type
absolument formidable
peut au contraire
se révéler être
un très mauvais poète
Je pense me situer
entre les deux.
© François-Xavier Farine - 24/04/2013.
Pschiit !
La prédisposition au
Bonheur
Ce doit être un truc
Dont on parle
Sans l'avoir jamais vu
Et ça fait pschiit !
Sans haine, ni arme, ni violence ni rien de tout ça
A trop écouter les
faits divers
à la télé
voilà que
le fantasme naît
y'en a toujours un qui
finit par retenir notre attention
plus que les autres
fourgon blindé / attaque d'un distributeur...
des fois on en parle
en se disant qu'on pourrait
faire la même chose
on plaisante bien sûr
et puis des fois
on y pense plus sérieusement
parce que pour se sortir
de la merde
y'a pas trente-six solutions
elle doit être radicale
sauf
qu'on se heurte
à de gros problèmes
logistiques
ça ok
&
surtout
de conscience
sous ce mot
peut-être
la lâcheté
va savoir
ou bien
le besoin qu'on en a
n'est-il pas encore
si désespéré qu'on croit
en attendant d' y voir plus clair
velléitaire
de toujours
je relis Curzio Malaparte
quelques pages
de sa "Technique du coup d'état"
ça peut servir
un jour ou l'autre
sait-on jamais...
ordinateur chronophage
quelques mots
à l'emporte-pièce
mémoire, que faire, sortir, plus tard, chercher,
soleil, grilles, toujours le même
la même, enfance(s)s, déni
jamais, peut-être, plus tard
pourquoi, sans raison, trop loin, pourtant
justement le temps
qu'on n'a plus trop
le lien existe
sensible
à ce qui m'empêche
d'avancer
et c'est facile de comprendre que
ce qui m'en empêche
vraiment
d'avancer
aujourd'hui
c'est très simple :
le cul collé à cette chaise
confortable
devant l'ordinateur chronophage
à l'emporte-pièce
mémoire, que faire, sortir, plus tard, chercher,
soleil, grilles, toujours le même
la même, enfance(s)s, déni
jamais, peut-être, plus tard
pourquoi, sans raison, trop loin, pourtant
justement le temps
qu'on n'a plus trop
le lien existe
sensible
à ce qui m'empêche
d'avancer
et c'est facile de comprendre que
ce qui m'en empêche
vraiment
d'avancer
aujourd'hui
c'est très simple :
le cul collé à cette chaise
confortable
devant l'ordinateur chronophage
Qui t'attend et se sent inutile
Assise à ton poste de travail
je t'imagine
en train de regarder
par l'une des fenêtres
l'herbe
taillée
arrosée par les
puissants jets d'eau
de suivre
le parcours précis du jardinier
penché sur les
lilas les roses & les gardénias
de lever les yeux au
ciel
un instant
pour savoir si les nuages
ressemblent à quelqu'un
que tu connais
et d'avoir
de fil en aiguille
une petite pensée pour moi
qui t'attends - et me sens inutile
puis de te concentrer
à nouveau
sur les nombreux objectifs
de ton planning quotidien
avant que le chef
revenu de ses statistiques
à la con à la clé
ne transmette tout son stress
à l'équipe
je ne peux rien pour toi
mais
je suis là
qui t'attends - et me sens inutile
2 mai 2013
Un message fort à faire passer !
Allongé dans
mon lit je rêve à des mondes
parallèles
le peuple des gouloulous
qui vit sur les
réverbères
ne rencontre jamais
le peuple des falalas
qui s'est installé
au milieu de la route
s'ils se rencontraient
...
Je tire subitement
de ma poche
un tract sur
lequel
est écrit
"NON au capitalisme sauvage !"
Je me souviens du mec
qui me l'a filé
ce tract
il ressemblait à n'importe qui
portant barbe grise mal rasée
lunette d'intello
jean cool
&
un message fort à faire passer
au plus de monde possible
OK
Puis je reviens
vers les mondes parallèles
parce que si les gouloulous
&
les falalas
lisaient le tract
peut-être que ça changerait
la donne dans ce monde
non ?
la panoplie de l'anti-héros
Je passe
devant
la fenêtre
sale
devant
la tasse de café
vide sur
la table
devant
la petite araignée qui
tisse une toile
presque invisible
devant
l'armoire aux poètes
suicidés
déglingués
devant ce
qui nous mène par
le bout du nez
devant l'acharnement
du manque
devant ta pile
de médicaments
mystérieux
et ce n'est pas de l'indifférence
vois-tu
je passe devant
tout un tas de choses
qui n'en demeurent pas moins
là
bel et bien là
on n'efface pas d'un coup de
baguette magique
l'ombre de Brautigan
&
la panoplie complète de l'anti-héros
on les fait cohabiter
au mieux
1 mai 2013
réflexe
ciel d'automne
au printemps
pluie battante
envie d'écrire
des mots sans savoir
où aller où finir
envie de jouir
tout simplement
sans pression ?
envie de petits riens
de quelque chose
et la chanson besoin de rien, envie de toi
qui me vient
comme réflexe conditionné
par la mémoire, putain de mots
ciel d'automne
au printemps
nuit tombante
au printemps
pluie battante
envie d'écrire
des mots sans savoir
où aller où finir
envie de jouir
tout simplement
sans pression ?
envie de petits riens
de quelque chose
et la chanson besoin de rien, envie de toi
qui me vient
comme réflexe conditionné
par la mémoire, putain de mots
ciel d'automne
au printemps
nuit tombante
des progrès à faire
On se fait face
dans la pièce
à l'écart du bruit
ambiant
-Notre entreprise est en pleine expansion, on cherche 3 postes, votre profil...
etc
l'entretien se passe
cordialement
sans questions trop
embarrassantes
enfin disons que c'est
juste du réchauffé - j'ai l'habitude maintenant.
puis elle me regarde
un peu gênée :
-Excusez-moi d'être aussi directe mais comment dire...
-Oui ?
-Vous avez 45 ans... et on a la désagréable impression que vous stagnez professionnellement...
-Je suis bien d'accord avec vous.
elle ne s'attendait sans doute pas
à ce que j'aille dans son sens
aussi vite
sans montrer
aucune rebéllion
aucune honte
aucun remords
me contentant d'un sourire
sincère
qui en dit long
trop long pour elle
-Vous n'envisagez donc que des boulots alimentaires, en fin de compte ?
-Oui, c'est exact...mais ça ne m'empêche pas d'aimer ensuite - parfois - le boulot que je fais.
elle a un de ces regards
dubitatifs
qui laisse peu de chance
à l'espoir
parce que
savoir convaincre
faire sa pute
ce n'est pas donné
à tout le monde
j'ai des progrès à faire, je crois
NON
j'en suis sûr
Chronique...
Il y avait une petite
rivière ici
Dans le temps elle prenait
sa source par là-bas
Jure
le vieil homme
Montrant
du doigt
L’eau
stagnante d’un caniveau
Souillé
De
pisse.
(Extrait d'un truc en cours)
4 Crétineries d'un mercredi pluvieux
Je gare ma voiture
juste
devant chez moi
je sors une grosse corde
que j'accroche au mur
solidement
je démarre
en tirant
mon appartement
loin de la ville.
***
Elle lit dans les
lignes de ma main
me dit qu'il faut
filer droit au but
ne plus tergiverser
ne plus hésiter une
seule seconde
-c'est écrit là me dit-elle
je ne savais pas les lignes
de ma main aussi
bavardes...
moi qui suis plutôt
timide.
***
Il pleut
des phrases toutes
faites
dans une grisaille
de mots
inutiles
***
Je consulte mon compte
bancaire et je le trouve
bien maigrichon
celui-là
presque rachitique
je me demande s'il ne lit pas
en cachette
les magazines de mode
féminin
avec d'anorexiques mannequins
en couverture
30 avr. 2013
Clin d'oeil du doigt
-Le ventromnipotent ou la toute puissance des obèses.
-L'imprimante religieuse finit par bouffer tout ce qui s'écrit de "sacré".
-Le canapéteur permet d'étouffer les borborygmes anaux devant une émission de télé à la con.
-Après un licen-ciment, il faut bétonner ses arrières !
-Dans les cime-tiers, on ne meurt pas à moitié..
-J'enlève ma robe de chambre, j'enfile mon slip de rue.
-A t'elle retrouvé ses rêves berbères sous les réverbères ?
D'un jour comme ça
des jours comme ça
il y en a
qu'il faut vivre
à côté de
ses pompes
ou de quelqu'un
n'ayant qu'un ciel
d'hiver pour unique saison
il y a parfois un peu de soleil
à faire
frémir les pages
qui s'étirent
dans le sombre
dedans
d'où rien ne sort
même pas la raison du mystère ; c'est comme ça
non rien ne sort
en fin de compte
c'est-à-dire
qu'il n'y a pas grand-chose
à en tirer
des jours comme ça
ni de soi ni des autres
on a déjà creusé
vécu
attendu
survécu
plusieurs fois à cet endroit familier
c'est-à-dire
qu'on ne sent plus
la différence entre
l'entame de l'aube
et la nuit qui paraît
et c'est d'un jour comme ça
qu'il est
fou d'espérer quoi que ce soit
il y en a
qu'il faut vivre
à côté de
ses pompes
ou de quelqu'un
n'ayant qu'un ciel
d'hiver pour unique saison
il y a parfois un peu de soleil
à faire
frémir les pages
qui s'étirent
dans le sombre
dedans
d'où rien ne sort
même pas la raison du mystère ; c'est comme ça
non rien ne sort
en fin de compte
c'est-à-dire
qu'il n'y a pas grand-chose
à en tirer
des jours comme ça
ni de soi ni des autres
on a déjà creusé
vécu
attendu
survécu
plusieurs fois à cet endroit familier
c'est-à-dire
qu'on ne sent plus
la différence entre
l'entame de l'aube
et la nuit qui paraît
et c'est d'un jour comme ça
qu'il est
fou d'espérer quoi que ce soit
25 avr. 2013
10th STREET (Eric Dejaeger)
De nombreux médecins
prescrivent à leurs patients
neurasthéniques
un détour par
la Rue des Idées Perdues
dont l'on sort
l'esprit complètement
nettoyé
récuré
désinfecté
aseptisé
mais sans plus la moindre
imagination.
Eric Dejaeger : Son blog
Mon petit dernier
Collection "Confetti", publiée chez Asphodele Edition.
Au catalogue des "Confettis" : Jany Pineau, Jean-Jacques Nuel, Esther Ka pour les tout récents... mais aussi Thomas Vinau, Marlène Tissot, Guillaume Siaudeau, Cathy Garcia pour ne citer qu'eux...
Un confetti : 2 euros.
Il s'agit d'une mini-nouvelle de 10 pages, format poche.
23 avr. 2013
dans le désordre
dans le désordre
c'est une journée
de vingt-quatre heures
commencée tôt cette nuit
Millwall-Blackburn cocher 1 - N ou 2
un attentat en Libye
un projet d'attentat déjoué au Canada
un texto de Pôle-Emploi
pour assister à une formation de secrétariat
la poussière sur l'ordinateur
la carte de visite du docteur Ch.
les nuages qui cachent le soleil
le lit pas fait
le vote en faveur du mariage pour tous
la voix de Thierry Beccaro -
ma fille malade regarde
le jeu Motus / des mots de sept lettres -
journée
par exemple
c'est sept lettres
et vingt-quatre heures
alors que désordre
ça ne fait pas gagner
à la télé mais
le temps passe plus vite
jusque tard dans la nuit.
je choisis d'abord Millwall cocher 1
c'est une journée
de vingt-quatre heures
commencée tôt cette nuit
Millwall-Blackburn cocher 1 - N ou 2
un attentat en Libye
un projet d'attentat déjoué au Canada
un texto de Pôle-Emploi
pour assister à une formation de secrétariat
la poussière sur l'ordinateur
la carte de visite du docteur Ch.
les nuages qui cachent le soleil
le lit pas fait
le vote en faveur du mariage pour tous
la voix de Thierry Beccaro -
ma fille malade regarde
le jeu Motus / des mots de sept lettres -
journée
par exemple
c'est sept lettres
et vingt-quatre heures
alors que désordre
ça ne fait pas gagner
à la télé mais
le temps passe plus vite
jusque tard dans la nuit.
je choisis d'abord Millwall cocher 1
8 avr. 2013
Facile
Un chat court par les toits aux
tuiles décolorées
pour dénicher de la bouffe
quelque part
il me fait face
à présent
avant de disparaître
derrière une cheminée
qui fume
comme je fume tiens et
puis pourquoi
j'ai la carte de visite du Dr Chass...
pliée
en deux
avec un numéro de téléphone et une adresse
et la date du prochain rendez-vous
dans la main ?
je n'ai plus qu'à me
souvenir de l'un et
à oublier l'autre
après tout
tuiles décolorées
pour dénicher de la bouffe
quelque part
il me fait face
à présent
avant de disparaître
derrière une cheminée
qui fume
comme je fume tiens et
puis pourquoi
j'ai la carte de visite du Dr Chass...
pliée
en deux
avec un numéro de téléphone et une adresse
et la date du prochain rendez-vous
dans la main ?
je n'ai plus qu'à me
souvenir de l'un et
à oublier l'autre
après tout
Si seulement je pouvais m'en souvenir
C'est dommage que
je ne puisse pas
durablement
me souvenir de
mes rêves
les plus étranges
ces rêves
dans lesquels je ne suis
qu'une sorte d'image
sans corps
sans logique
projetée dans
un "je" parlant de
moi comme si on se
connaissait vraiment
et
ce n'est pas que
je fuie absolument
la réalité le quotidien
les responsabilités
de père de mari d'employé de chômeur
mais cette réalité-là
attire vers elle
les heures à venir les
douceurs
perdues d'avance
jusqu'à fragmenter
toute pensée
sur soi
en un déchet amer
plus sombre
plus dérangeant
plus étrange que
n'importe lequel de
mes rêves
si seulement je
pouvais
m'en souvenir
je ne puisse pas
durablement
me souvenir de
mes rêves
les plus étranges
ces rêves
dans lesquels je ne suis
qu'une sorte d'image
sans corps
sans logique
projetée dans
un "je" parlant de
moi comme si on se
connaissait vraiment
et
ce n'est pas que
je fuie absolument
la réalité le quotidien
les responsabilités
de père de mari d'employé de chômeur
mais cette réalité-là
attire vers elle
les heures à venir les
douceurs
perdues d'avance
jusqu'à fragmenter
toute pensée
sur soi
en un déchet amer
plus sombre
plus dérangeant
plus étrange que
n'importe lequel de
mes rêves
si seulement je
pouvais
m'en souvenir
31 mars 2013
3 Crétineries de Pâques
Elle n'a pas de jardin
vit seule
ne fête jamais Pâques
mais elle attire la
curiosité
des gosses du voisinage
avec sa bouche en cul de poule
Sur sa porte d'entrée, elle a écrit :
"je ne ponds rien de comestible
Allez donc vous faire foutre !".
***
Après avoir englouti toute la boîte de
chocolats
il se dit qu'il irait bien
"faire ses Pâques"
au confessionnal
du coin
c'est-à-dire dans
la cuvette des chiottes.
***
Ils ont planqué des oeufs dans le jardin
puis un doute
terrible les prend :
"Et si les enfants découvraient un cadavre
enterré chez nous ?".
"Lequel ?" lui répond l'autre.
30 mars 2013
Après une semaine sans lâcher l'affaire
c'est de plus en plus souvent
comme ça
nuit trop courte, sommeil fracassé
par les murmures venus
de l'âge, de la situation, d'un réel trop brutal
puisque la dérision, la légèreté ne font plus effet
la nuit finissante est fraîche
les ombres ne crient pas
au destin sombre
les oiseaux n'existent pas encore
la vie se coince entre le vide
et l'incertain
alors
trois cafés corsés sans sucre, quatre clopes
coup sur coup
c'est pour rester dans l'objectif fixé
d'un contrat d'intérim
à la con, à la con, à la con
(mais c'est un contrat, un contrat, un contrat)
une fois dans ma Clio grise de
12 ans d'âge
le ronronnement chaotique du moteur
se demande où je l'emmène
à cette heure
&
je lui réponds
les mains agrippées au volant
que je ne sais pas
trop le choix qu'on a
alors on y va quand même
et les routes sont pleines de gens
un peu comme ça
20 mars 2013
3 saynètes matinales
La gérante de la boutique de fringues
en face de chez nous
sort sur le trottoir
se fumer une clope
il n'y a pas grand monde dans sa boutique de fringues
peut-être une ou deux personnes
elle regarde passer les voitures
dans l'avenue bordée de petits immeubles
elle baille, elle a froid
puis elle retourne dans sa boutique de fringues
s'asseoir derrière la caisse enregistreuse
d'où elle fixe les robes devant elle
qui ne bougent pas d'un seul centimètre.
***
J'ai bu un café
j'ai fumé une clope
j'ai dû pisser un coup aussi
ah si, j'ai fait un tour sur le net
(mais pas longtemps)
et puis c'est à peu près tout
dis-je
au flic mal rasé, mal peigné
posté dans le miroir
-t'as glandé, quoi... et les offres d'emploi ?
-fais pas chier !
-et les offres d'emploi, hein nom de dieu ?
-Je suis fatigué, je vais me recoucher
-je ne te laisserai pas dormir en paix, grosse tache !
me lance le flic insinué jusque
dans mes pensées.
***
Le facteur pose son vélo
jaune
contre un mur
il ne ressemble pas du tout
à Charles Bukowski
il dépose le courrier
dans les boîtes aux lettres
il reprend son vélo
et ainsi de suite
jusqu'au mur suivant
s'il ressemblait à
Charles Bukowski
je suis sûr qu'on ne recevrait pas
autant de mauvaises nouvelles.
14 févr. 2013
5 crétineries en un clin d'oeil
Le croissant de lune
s'est échappé
de la boulangerie.
***
Les amuse-gueule
s'accompagnent bien de
bouche-bée
***
Les gens trop
terre a terre
ne devraient vivre qu'au
rez-de-chaussée.
***
L'avion décolle
et c'est le papier
peint
qui fout le camp.
***
A la bonne heure !
Oui, mais laquelle ?
Hier soir
Le soleil
s'est couché
sans se laver les dents
ronflant des
lunes
épaisses
pissant quelques
gouttes
de pluie froide c'est
toute la
bière bue
seul là-haut et ce matin
la ville s'éveille
avec une sacrée
gueule de bois
(les arbres qu'on prend pour des révèrbères)
(le bus qui passe de l'autre côté)
J'ai échappé de peu à l'enfer !
Au tout début de l'entretien
le décor m'impressionne
La hauteur de la pièce
la moquette rouge
l'imposant bureau
le tableau de maître
(un vrai, un faux ?)
sur le côté
les manières de
gentleman
anachronique de
mon interlocuteur
quand il tient
mon curriculum
entre ses mains
soignées
puis très vite
tout ce vernis
outrancier
pour un CDD de 2 mois
non renouvelable
payé le smic
(ou à peine plus)
ma gonfle
à la 7è minute de l'entretien
je demande où
sont les toilettes
puis je descends vite fait
les escaliers
luxueux
avant de me retrouver sur
le trottoir
ou je respire un bon
bol d'air
près d'une crotte de clébard
6 févr. 2013
Gardez la monnaie !
rue froide, rue sale
rue Salazar
début d'après-midi
un bar
j'entre dedans
me réchauffer
c'est sombre, c'est petit, ça pue
la sueur
le renfermé
je commande une bière
pression
m'assieds à une table
(toutes libres sauf une)
jambes croisées
découvertes
cheveux courts
dégarnis
rouge à lèvres
flamboyant
sourire alangui
dents jaunies
en face
de ma table
branlante
c'est une pute
elle ressemble à une vieille pute
en tout cas
grasse
ogresse
sans gène
malade
elle respire bruyamment
elle me fixe
je lui rends son
sourire
(faux-cul)
je ne veux rien
d'elle
la bière est
dégueulasse
j'appelle le
serveur à
moitié somnolent
sur son comptoir
de ma poche je sors
une pièce de
deux euros
-Vous pouvez garder la monnaie.
Ouvrir la foule avec un lasso & un banjo
Les jours
de
marché
avec mon
Stetson sur la tête
clope au
bec
boots aux
pieds
et mon
lasso de sept mètres
replié
dans la main
je mène les
dix mille vaches
dans les
rues de
la ville
au milieu
des
embouteillages
ma fille
qui me suit
comme un
singe miniature
joue
parfois du banjo
sur le
rythme de mes éperons
des
klaxons
et des
cris.
11 mai 2012
Terminé de lire hier soir la chasse au tatou dans la pampa argentine.
La fourchette d'un lycéen venait de se planter profondément dans la main de sa prof de Lettres. Chute finale de l'avant-dernière nouvelle.
J'ai éteind la lampe de chevet.
Chute d'un corps sur l'oreiller sans pouvoir m'endormir.
Yeux grands ouverts. Sueur. Pensées diffuses. Le fil de la journée.
J'ai mis le nez à la fenêtre en pleine nuit. Pour conjurer le manque d'air.
Une petite pluie tambourinait mélancoliquement.
J'étais pris subitement de remontées acides et d'une envie de vomir.
La nuit est souvent cahotique.
Cette nuit plus que d'ordinaire.
La fourchette d'un lycéen venait de se planter profondément dans la main de sa prof de Lettres. Chute finale de l'avant-dernière nouvelle.
J'ai éteind la lampe de chevet.
Chute d'un corps sur l'oreiller sans pouvoir m'endormir.
Yeux grands ouverts. Sueur. Pensées diffuses. Le fil de la journée.
J'ai mis le nez à la fenêtre en pleine nuit. Pour conjurer le manque d'air.
Une petite pluie tambourinait mélancoliquement.
J'étais pris subitement de remontées acides et d'une envie de vomir.
La nuit est souvent cahotique.
Cette nuit plus que d'ordinaire.
traversant la ville
cot cot
codec
la poule a pondu un oeuf
sur le passage clouté
puis un autre
cot cot
codec
au rayon lingerie
de la boutique de fringues
puis un autre
cot cot
codec
devant le poste de Police
de l'avenue Wilson
puis un autre
sur le pas de la porte
de l'appartement
d'une vieille dame
de 87 ans
puis un autre
cot cot
codec
et encore un autre
encore cot cot
codec
jusqu'à ce que la ville
ne soit plus
qu'une omelette géante
brûlée aux gaz
cot cot
codec
la poule a pondu un oeuf
sur le passage clouté
puis un autre
cot cot
codec
au rayon lingerie
de la boutique de fringues
puis un autre
cot cot
codec
devant le poste de Police
de l'avenue Wilson
puis un autre
sur le pas de la porte
de l'appartement
d'une vieille dame
de 87 ans
puis un autre
cot cot
codec
et encore un autre
encore cot cot
codec
jusqu'à ce que la ville
ne soit plus
qu'une omelette géante
brûlée aux gaz
9 mai 2012
je ne sais pas trop s'il s'agit de moi quand je parle quand j'écris on dirait d'un dédoublement je ne parviens pas à m'impliquer dans cette relation intimité de mots de langage comme s'il m'échappait complètement m'échappait en partie quelle(s) partie(s) ? glisser ici faire un signe là d'accord pas d'accord je suis dans l'en deça l'à côté l'ailleurs soumis à l'espace tortueux à l'espace d'évidences puis suivre une route parfois la précéder voire la créer de toutes pièces je ne sais pas trop s'il s'agit bien de ça dont je voulais parler d'ailleurs c'est moi et ce n'est pas moi qui vient d'écrire ces lignes elles ne sont pas les miennes et pourtant etc
Un jour les aliens vont envahir
la Terre m'assure t'il
-Ah bon ? je demande
Ouais, et ils vont nous réduire
en esclavage
-Ah bon ?
Ouais on sera plus que des sous-merdes
exploitées et
crevant de faim
Je ne lui demande pas
ses sources d'information
Il serait bien capable de me répondre
que c'est classé TOP SECRET et
qu'il a la CIA aux fesses
Il me fixe bien droit
dans les yeux puis je
baisse la tête
-t'as sans doute raison, lui dis-je
pour conclure en beauté
la Terre m'assure t'il
-Ah bon ? je demande
Ouais, et ils vont nous réduire
en esclavage
-Ah bon ?
Ouais on sera plus que des sous-merdes
exploitées et
crevant de faim
Je ne lui demande pas
ses sources d'information
Il serait bien capable de me répondre
que c'est classé TOP SECRET et
qu'il a la CIA aux fesses
Il me fixe bien droit
dans les yeux puis je
baisse la tête
-t'as sans doute raison, lui dis-je
pour conclure en beauté
Elle m'avait fixé un premier rendez-vous
la semaine dernière et j'avais alors trouvé
une excuse bidon pour ne pas m'y rendre
- fuite d'un robinet / attente plombier / bloqué chez moi / désolé -
Elle m'a fixé un second rendez-vous pour
ce matin
J'ai dit OK j'y serai
puis j'ai longuement réfléchi hésité tergiversé
pesé le pour et le contre
surtout le contre
- la vente c'est pas pour moi -
- horaires en décalé / rémunération trop variable / stress infernal -
je me suis à nouveau défilé
par mail
au dernier moment
prétextant une diarrhée colossale
après avoir ingurgité une viande avariée
n'ayant pas fait gaffe à la date de péremption
écrite en tout petit et j'avais pas mes lunettes
- désolé pour les détails avais-je ajouté-
pas de réponse de sa part depuis lors
je sais c'est con (je suis con) mais
j'ai un certain don pour envoyer ma
candidature quand ça ne me concerne pas
(quand je sais à l'avance que.. enfin bref
mieux vaut passer à autre chose - une bière ?)
la semaine dernière et j'avais alors trouvé
une excuse bidon pour ne pas m'y rendre
- fuite d'un robinet / attente plombier / bloqué chez moi / désolé -
Elle m'a fixé un second rendez-vous pour
ce matin
J'ai dit OK j'y serai
puis j'ai longuement réfléchi hésité tergiversé
pesé le pour et le contre
surtout le contre
- la vente c'est pas pour moi -
- horaires en décalé / rémunération trop variable / stress infernal -
je me suis à nouveau défilé
par mail
au dernier moment
prétextant une diarrhée colossale
après avoir ingurgité une viande avariée
n'ayant pas fait gaffe à la date de péremption
écrite en tout petit et j'avais pas mes lunettes
- désolé pour les détails avais-je ajouté-
pas de réponse de sa part depuis lors
je sais c'est con (je suis con) mais
j'ai un certain don pour envoyer ma
candidature quand ça ne me concerne pas
(quand je sais à l'avance que.. enfin bref
mieux vaut passer à autre chose - une bière ?)
7 mai 2012
back office !
pour ce poste, me dit-il
la seule exigence est une orthographe
parfaite
-ça vous convient ?
j'opine du chef
il me dicte 4 phrases
et vérifie ce que j'ai écrit
-très bien, très bien
puis il me demande ce que
moi
(oui, moi)
je compte apporter à l'entreprise
j'opine encore du chef
- avec sans doute un air de tête de noeud -
en le regardant droit dans les yeux (il est jeune pour tant
de responsabilités)
puis je lui crache d'un trait
un baratin convenu
en vantant mes putains de mérites
(je sais faire ceci, je suis cela mais pas ça/
il va bien le voir que j'en fais trop
quand même)
Il me sourit :
-vous semblez nerveux ?
je sens effectivement mes paumes moites
mon coeur battre sur un circuit de Formule 1
mes aisselles en chaleur
j'ai envie de me barrer de là
il me sourit encore
j'opine du chef
-très bien, très bien, je vous recontacte ce soir
on se serre la main après quelques
dernières formalités / photocopies puis
une fois dehors je respire un bon
coup j'allume une clope je ferme
les yeux la délivrance la délivrance
mon cerveau se répète en boucle
sans trop y croire:
A MOI CE BOULOT A LA NOIX !
la seule exigence est une orthographe
parfaite
-ça vous convient ?
j'opine du chef
il me dicte 4 phrases
et vérifie ce que j'ai écrit
-très bien, très bien
puis il me demande ce que
moi
(oui, moi)
je compte apporter à l'entreprise
j'opine encore du chef
- avec sans doute un air de tête de noeud -
en le regardant droit dans les yeux (il est jeune pour tant
de responsabilités)
puis je lui crache d'un trait
un baratin convenu
en vantant mes putains de mérites
(je sais faire ceci, je suis cela mais pas ça/
il va bien le voir que j'en fais trop
quand même)
Il me sourit :
-vous semblez nerveux ?
je sens effectivement mes paumes moites
mon coeur battre sur un circuit de Formule 1
mes aisselles en chaleur
j'ai envie de me barrer de là
il me sourit encore
j'opine du chef
-très bien, très bien, je vous recontacte ce soir
on se serre la main après quelques
dernières formalités / photocopies puis
une fois dehors je respire un bon
coup j'allume une clope je ferme
les yeux la délivrance la délivrance
mon cerveau se répète en boucle
sans trop y croire:
A MOI CE BOULOT A LA NOIX !
6 mai 2012
D'aller de l'avant, sais pas comment faire
Le lit n’est pas fait
Les poubelles débordent
Le linge
Quand il ne sèche pas sur les radiateurs
S’empile dans la baignoire
Ou par terre
Les murs s’effritent
- sorte d'huile poussiéreuse
sur papier jaunâtre -
Le jour se lève et se couche plus vite
Qu’une réponse
A mon indécision
Chronique
Je ne sais toujours pas
Tirer le bon vin
De l’ivraie
Les poubelles débordent
Le linge
Quand il ne sèche pas sur les radiateurs
S’empile dans la baignoire
Ou par terre
Les murs s’effritent
- sorte d'huile poussiéreuse
sur papier jaunâtre -
Le jour se lève et se couche plus vite
Qu’une réponse
A mon indécision
Chronique
Je ne sais toujours pas
Tirer le bon vin
De l’ivraie
16 juil. 2010
Son 1er (et sûrement pas son dernier)

Hâte de recevoir et lire cet opus de l'excellente Marlène Tissot.
Voici ce qu'elle en dit: "Mon nouveau-né, tout petit mais conçu avec beaucoup d'amour, chez un éditeur pas comme les autres : "Celui qui préférait respirer le parfum des fleurs" n°46 dans la collection 8pA6 de La Vachette Alternative. 13 petits poèmes hommage à Elliott Smith. Voilà, je suis émue..."
Son blog est un vrai trésor: ici.
14 juil. 2010
Entre flux & regard
J’hésite entre un camescope
&
Un stéthoscope
Pour
Suivre des yeux
Quelques passants
Plus ou moins pressés
Jusqu’à les voir disparaître à l’angle
Du distributeur de billets
&
De la boulangerie
Où le sourire et les seins de la serveuse
Rivalisent de rondeur avec
Les cannelés tout chauds
Un jogger fait du surplace
Puis file sur l’autre rive
À un rythme toujours régulier
Quand le feu passe au vert
Je suis
À la fenêtre
Torse nu
En slip
&
Je fume
Ma treizième cigarette
Depuis ce matin
Je ne pense pas pourtant que je pourrais m’asseoir
Sur un banc
Pendant d’aussi longues minutes
En donnant quelques miettes de plus aux pigeons
Gras
Comme le fait ce vieil homme
Solitaire
Le soleil tape sur la ville
Ecrasée d’inconfort
D’odeurs
&
De phantasmes morts nés
J’hésite encore entre mouvement
&
Immobilité
&
Un stéthoscope
Pour
Suivre des yeux
Quelques passants
Plus ou moins pressés
Jusqu’à les voir disparaître à l’angle
Du distributeur de billets
&
De la boulangerie
Où le sourire et les seins de la serveuse
Rivalisent de rondeur avec
Les cannelés tout chauds
Un jogger fait du surplace
Puis file sur l’autre rive
À un rythme toujours régulier
Quand le feu passe au vert
Je suis
À la fenêtre
Torse nu
En slip
&
Je fume
Ma treizième cigarette
Depuis ce matin
Je ne pense pas pourtant que je pourrais m’asseoir
Sur un banc
Pendant d’aussi longues minutes
En donnant quelques miettes de plus aux pigeons
Gras
Comme le fait ce vieil homme
Solitaire
Le soleil tape sur la ville
Ecrasée d’inconfort
D’odeurs
&
De phantasmes morts nés
J’hésite encore entre mouvement
&
Immobilité
10 juil. 2010
Quelques (presque) nouveautés




Eric Dejaeger nous offre son Seigneur des ânes aux Editions Maelstrom.
JM Flahaut a sorti Aliéné(s) aux toutes nouvelles Editions des Etats Civils (issues de la revue numérique éponyme).
Hélène Dassavray sort Des contes et des faits.
Thomas Vinau (au texte) & Magali Planès (aux illustrations) sortent Nuisibles.
Et Patrice Maltaverne a publié "Prélude à un enterrement sur la lune" avec des dessins de Patrice Vigues, aux -36è Editions.
Leurs sites sont en lien ici (sur votre droite).
Abdelkader Djemai (1948)
.jpg)

Quelques-uns de ses livres:
-Un été de cendres (1995)
-31, rue de l'Aigle (1998)
-Camping (2002)
-Gare du Nord (2003)
-Le nez sur la vitre (2004)
-Zorah sur la terrasse (2010)
.
Abdelkader Djemai est né en 1948 à Oran et vit en France depuis 1993.
Enseignant puis journaliste, il a publié son 1er roman à l'âge de 30 ans.
"Pour Abdelkader Djemaï, ses romans lui permettent à la fois de dire la mémoire algérienne avec la langue française et d’écrire pour les siens parce qu’ils sont loin de lui."
Microbes #60


Joyeux anniversaire: l'excellente revue fondée et animée par les sieurs Eric Dejaeger & Paul Guiot fêtera ses 10 ans d'existence en Septembre.
Longue vie!
Préparé par Marc Bonetto, le 60ème numéro du Microbe est sorti.
Un beau sommaire: collages de Santa et textes d’Alexis Alvarez, AppAs, Florence Boutet, Hamid Chafi, Bernard Deglet, Patrick Frégonara, Cathy Garcia, Nadia et Alain Giorgetti, Christine Jeanney, Jean L’Anselme, Michel Lequenne, Serge Maisonnier, Véra Mund, Alban Orsini et Thomas Vinau.
Un beau sommaire: collages de Santa et textes d’Alexis Alvarez, AppAs, Florence Boutet, Hamid Chafi, Bernard Deglet, Patrick Frégonara, Cathy Garcia, Nadia et Alain Giorgetti, Christine Jeanney, Jean L’Anselme, Michel Lequenne, Serge Maisonnier, Véra Mund, Alban Orsini et Thomas Vinau.
Les abonnés « + » ont également reçu "Tristana, d’un trait", mi(ni)crobe signé Thierry Roquet.
Il s'agit du 25è mi(ni)crobe de la collection.Pour tous renseignements, contactez Eric D.
6 juil. 2010
passe quand même
tu es assise à côté de lui
sur le siège du mort
non pas qu'il soit plus
vivant que toi
et ce siège-là te va bien
mais tu ne veux pas mourir
dans une carlingue défoncée
sur l'autoroute A6
tu ne dis rien
tu regardes le paysage défiler
le front collé de biais à la vitre
tu ne retiens même pas
le nom
des villes à proximité
le temps est changeant
tu regardes l'heure
tu jettes un oeil de temps en temps
vers le tableau de bord et tu tentes de deviner
la vitesse et tu marques un point dans ton
for intérieur et tu sens que ça l'énerve
&
tu penses que rien ne change
vraiment
tu demandes si tu peux allumer une clope
parce que tu t'ennuies
parce que tes doigts s'agitent
parce que ton corps s'agite
il te répond souvent par des monosyllabes
il répond ouais
&
c'est pas plus mal
parce que
ça t'évite de te sentir
obligée de lui sortir des trucs intellligents
ou drôles ou simplement usuels
&
il te dit qu'on est arrivés
dans moins de cinquante kilomètres
&
tu fais semblant de n'avoir rien
entendu de n'avoir rien
à ajouter
&
de toute façon
le temps passe quand
même
sur le siège du mort
non pas qu'il soit plus
vivant que toi
et ce siège-là te va bien
mais tu ne veux pas mourir
dans une carlingue défoncée
sur l'autoroute A6
tu ne dis rien
tu regardes le paysage défiler
le front collé de biais à la vitre
tu ne retiens même pas
le nom
des villes à proximité
le temps est changeant
tu regardes l'heure
tu jettes un oeil de temps en temps
vers le tableau de bord et tu tentes de deviner
la vitesse et tu marques un point dans ton
for intérieur et tu sens que ça l'énerve
&
tu penses que rien ne change
vraiment
tu demandes si tu peux allumer une clope
parce que tu t'ennuies
parce que tes doigts s'agitent
parce que ton corps s'agite
il te répond souvent par des monosyllabes
il répond ouais
&
c'est pas plus mal
parce que
ça t'évite de te sentir
obligée de lui sortir des trucs intellligents
ou drôles ou simplement usuels
&
il te dit qu'on est arrivés
dans moins de cinquante kilomètres
&
tu fais semblant de n'avoir rien
entendu de n'avoir rien
à ajouter
&
de toute façon
le temps passe quand
même
1 juil. 2010
les draps par terre
il y a des fleurs
le long de la route
des réverbères tous
les dix mètres
c'est la nuit
il y a des boutiques
aux yeux baissés
des bouts de papier
abandonnés des empreintes
de pas ou d'huile
c'est la nuit
il y a encore quelques
passants un chat silencieux
&
des insectes
par centaines
&
la lune
borgne
&
derrière moi
ta chaleur
s'endormant
tout
en travers du lit
&
les draps
par terre comme
une évidence
le long de la route
des réverbères tous
les dix mètres
c'est la nuit
il y a des boutiques
aux yeux baissés
des bouts de papier
abandonnés des empreintes
de pas ou d'huile
c'est la nuit
il y a encore quelques
passants un chat silencieux
&
des insectes
par centaines
&
la lune
borgne
&
derrière moi
ta chaleur
s'endormant
tout
en travers du lit
&
les draps
par terre comme
une évidence
30 juin 2010
j'ai ouvert la porte
(où tu pissais)
en même temps que ma gueule
(de bois dur)
avant de fermer les yeux
(les deux alternativement)
et de glisser
mes doigts
le long
de ta petite culotte
en poils
de crocodile
ou d'albatros
à deux euros
cinquante
(je n'ai plus de monnaie
à présent pour / ...)
et d'en sortir indemne
et d'en sortir encore
plus amoureux
(où tu pissais)
en même temps que ma gueule
(de bois dur)
avant de fermer les yeux
(les deux alternativement)
et de glisser
mes doigts
le long
de ta petite culotte
en poils
de crocodile
ou d'albatros
à deux euros
cinquante
(je n'ai plus de monnaie
à présent pour / ...)
et d'en sortir indemne
et d'en sortir encore
plus amoureux
m'a regardé de travers
j'ai dû me pencher
m'a lancé fils de pute
j'ai nié de toutes mes forces
l'a sorti son couteau
j'ai dit c'est pour aller où ?
l'a planté dans mon bide
j'ai pas compris pourquoi (puis j'ai compris quand même)
l'a goûté mon sang
lui ai tendu une paille
l'a tout bu le salaud
et avec quoi je vais vivre moi ?
j'ai dû me pencher
m'a lancé fils de pute
j'ai nié de toutes mes forces
l'a sorti son couteau
j'ai dit c'est pour aller où ?
l'a planté dans mon bide
j'ai pas compris pourquoi (puis j'ai compris quand même)
l'a goûté mon sang
lui ai tendu une paille
l'a tout bu le salaud
et avec quoi je vais vivre moi ?
10 juin 2010
Souci du détail
à coller ses yeux sous une loupe au stuc des murs
en croyant qu'il est probable qu'il est possible
d'y trouver des indices des éclaboussures minuscules
parce que le temps presse
parce que le corps n'est plus là
parce qu'il ne lâchera pas l'affaire
la femme le regarde faire et se
demande s'il sert vraiment à quelque chose ici
mais elle pointe l'objectif de l'appareil
vers le doigt tendu indiquant ce qu'il faut faire:
prends-ça en photo, Rachel.
prends-ça aussi, ça peut-être intéressant
chaque fois le flash crépite
après une matinée ainsi passée
à scruter chaque recoin de la pièce sombre
ils s'en vont
chacun de leur côté
lui s'assied à la terrasse d'un bar
commande une bière bien fraîche
et lui viennent des tas de pensées sur les affaires
jamais résolues et qui l'obsèdent
à n'en plus dormir certaines nuits des bouts de pensées
qui défilent et en terminant sa bière il a envie de dire STOP
à cette infernale machine du cerveau
il se lève il marche longuement il traverse
des quartiers il veut marcher
jusqu'à faire le vide et quand il rentre
chez lui sa femme est endormie
sa fille est endormie
et un mot est laissé sur le table:
"je sais que tu veux faire de ton mieux
mais s'il te plaît renonce. Pour nous. Je t'aime."
en croyant qu'il est probable qu'il est possible
d'y trouver des indices des éclaboussures minuscules
parce que le temps presse
parce que le corps n'est plus là
parce qu'il ne lâchera pas l'affaire
la femme le regarde faire et se
demande s'il sert vraiment à quelque chose ici
mais elle pointe l'objectif de l'appareil
vers le doigt tendu indiquant ce qu'il faut faire:
prends-ça en photo, Rachel.
prends-ça aussi, ça peut-être intéressant
chaque fois le flash crépite
après une matinée ainsi passée
à scruter chaque recoin de la pièce sombre
ils s'en vont
chacun de leur côté
lui s'assied à la terrasse d'un bar
commande une bière bien fraîche
et lui viennent des tas de pensées sur les affaires
jamais résolues et qui l'obsèdent
à n'en plus dormir certaines nuits des bouts de pensées
qui défilent et en terminant sa bière il a envie de dire STOP
à cette infernale machine du cerveau
il se lève il marche longuement il traverse
des quartiers il veut marcher
jusqu'à faire le vide et quand il rentre
chez lui sa femme est endormie
sa fille est endormie
et un mot est laissé sur le table:
"je sais que tu veux faire de ton mieux
mais s'il te plaît renonce. Pour nous. Je t'aime."
j'aimerais ne pas singer autant
le jour qui suit avec celui
d'avant ce n'est pas dramatique
après tout il suffit de se laisser porter
par cette sorte d'ennuyeux mouvement
de flux et de reflux
en un périmètre limité
les habitudes ont la vie dure
la caissière juste en face
(je l'aperçois de ma fenêtre)
fait défiler les produits domestiques
à une allure folle
les jours de pointe
sur le déroulant mécanique
la mère avec sa poussette
(je l'aperçois de ma fenêtre)
traîne chaque matin ou
chaque après-midi des sacs
emplis de courses en essayant
de calmer l'enfant qui s'étrangle
(lui aussi je le vois quand il bouge)
l'étrange vapeur qui suinte des rues
coule à un rythme
régulier
parfois fait la buée
à ma fenêtre quand j'y pose le nez ou un doigt
de curiosité
le jour qui suit avec celui
d'avant ce n'est pas dramatique
le jour qui suit avec celui
d'avant ce n'est pas dramatique
après tout il suffit de se laisser porter
par cette sorte d'ennuyeux mouvement
de flux et de reflux
en un périmètre limité
les habitudes ont la vie dure
la caissière juste en face
(je l'aperçois de ma fenêtre)
fait défiler les produits domestiques
à une allure folle
les jours de pointe
sur le déroulant mécanique
la mère avec sa poussette
(je l'aperçois de ma fenêtre)
traîne chaque matin ou
chaque après-midi des sacs
emplis de courses en essayant
de calmer l'enfant qui s'étrangle
(lui aussi je le vois quand il bouge)
l'étrange vapeur qui suinte des rues
coule à un rythme
régulier
parfois fait la buée
à ma fenêtre quand j'y pose le nez ou un doigt
de curiosité
le jour qui suit avec celui
d'avant ce n'est pas dramatique
Inscription à :
Articles (Atom)

.jpg)

